«L'élément moteur des sciences de la santé est la recherche, qui met au point des médicaments et des produits de diagnostic véritablement innovateurs. Roche réunit les meilleures conditions pour une recherche de qualité, forte et efficace, qui lui permet de se développer dans la durée. Roche n'a vraiment aucune raison de fusionner. Bien au contraire: chaque mégafusion paralyse la recherche pendant un ou deux ans, parce que les chercheurs ont absolument besoin de stabilité!» Franz B. Humer, président et CEO de Roche, a saisi l'occasion de la conférence de bilan semestrielle pour couper court aux rumeurs de fusion avec Novartis.

Soulignant l'importance du développement dans la durée, il a également rappelé que Roche s'était naguère opposée à l'accession de Martin Ebner à son conseil d'administration, «parce qu'il s'agit de suivre une stratégie claire, sans se laisser démonter par quelques chiffres passagers». Pour l'avenir, il a exprimé la conviction qu'en s'appuyant sur ses divisions Pharma et Produits de diagnostic Roche sera à même «d'assurer une croissance au-dessus de la moyenne». En se renforçant dans son secteur Pharma par l'acquisition de la firme japonaise Chugai (en principe consolidée dès octobre 2002) et en se défaisant de sa division Vitamines et Chimie fine, Roche «se repositionne en tant que société de soins de santé aux objectifs clairs», disposant de tous les atouts nécessaires pour croître en tant que société indépendante.

Grandes ambitions à moyen terme

S'élevant à 1,8 milliard de francs, le bénéfice net consolidé de Roche au premier semestre 2002 est inférieur de 28% à celui de la période correspondante de l'année dernière. Cette baisse est due à l'effondrement des revenus tirés des placements financiers – 520 millions de francs comparés à 1,47 milliard –, à l'augmentation de la charge fiscale et au provisionnement pour un conflit de brevets aux Etats-Unis. Toutefois, les marges et les résultats d'exploitation des deux divisions clés, Pharma et Diagnostics, ont progressé, tout comme les ventes. Roche, qui maintient ses objectifs pour l'année, affiche de grandes ambitions pour son évolution à moyen terme.

Le chiffre d'affaires consolidé du groupe a progressé de 6% en monnaies locales. En francs suisses, cette croissance à 14,7 milliards ne représente cependant que 2%, du fait de l'évolution des taux de change. Cumulées, les ventes des divisions Pharma et Diagnostics se sont élevées à 13,1 milliards, dégageant un bénéfice d'exploitation de 2,4 milliards, en augmentation de 12% et une rentabilité par rapport au chiffre d'affaires de 18%. Le bénéfice d'exploitation avant amortissements et minorisation des actifs (EBITDA) a atteint 31% pour le secteur pharmaceutique et 27% pour les produits de diagnostic.

La division Vitamines et Chimie fine, en revanche, accuse une baisse des ventes (qui ont représenté 1,74 milliard de francs) et du bénéfice d'exploitation. Des négociations «avec des sociétés industrielles et financières» sur la vente de ce secteur sont en cours et devraient aboutir avant la fin de l'année, selon Franz Humer.

Une seule déception: le Xenical

Leader mondial dans le secteur des instruments de diagnostic, Roche enregistre une forte progression pour tous ses produits, et tout particulièrement pour ceux destinés aux soins du diabète et à l'analyse moléculaire. Cette division a également dans son «pipeline» quelques instruments et procédés à fort potentiel probable, notamment pour diabétiques et pour la détection de l'HPV (papillovirus humain).

Dans le domaine pharmaceutique, Roche a enregistré une seule vraie déception: la baisse des ventes de Xenical (obésité). Des résultats particulièrement remarquables ont été atteints en

oncologie (MabThera, Xeloda, notamment) et dans l'immunosuppression (CellCept). En virologie, la société bâloise compte beaucoup sur Pegasys (hépatite B), homologué en Europe et en enregistrement accéléré aux Etats-Unis. Par ailleurs, une demande d'homologation sera présentée cet automne pour le Fuzeon, premier médicament à empêcher la pénétration du VIH dans la cellule hôte. Dix-sept autres demandes sont prévues d'ici à 2007.