Comme l'année dernière, l'équipementier militaire Ruag a établi un nouveau record de ventes, mais a vu son bénéfice reculer de manière drastique.

En hausse de 2,2% par rapport à 2017, le chiffre d'affaires a frôlé les 2 milliards de francs, a indiqué jeudi en conférence de presse le groupe industriel aux mains de la Confédération. Le résultat opérationnel (Ebit) en revanche, a chuté de 10,8% à 106 millions. Le bénéfice net a fondu de près d'un cinquième (-18%) à 74 millions de francs, en raison notamment d'un alourdissement de la charge fiscale, explique Ruag.

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Comptes plombés par la construction d'un site en Hongrie

Toutes les divisions du groupe ont été rentables, à l'exception d'Aerostructures (composants destinés à l'aviation), dont les comptes ont été plombés par les coûts liés à l'extension des capacités de production et à la construction d'un site en Hongrie.

La performance du groupe a par ailleurs été grevée de 5 millions de francs en raison de charges en vue du recentrage stratégique des futures activités internationales.

A cela s'ajoutent des coûts non récurrents du fait de la cessation des activités de maintenance à l'aéroport de Berne-Belp pour 4 millions de francs, ainsi qu'une provision de 7 millions de francs pour l'élagage du portefeuille de la division Ammotec (munitions).

Nouvelle contraction attendue

Pour l'exercice en cours, la direction de Ruag anticipe une nouvelle contraction des résultats, en raison des coûts qu'occasionnera la scission en deux entreprises – une pour le marché suisse, l'autre active à l'international – décidée par le Conseil fédéral.

«Nous tablons sur des coûts de dégroupage de près de 50 millions pour l'année en cours», a confié à AWP le directeur général (CEO) de Ruag, Urs Breitmeier, un montant qui affectera la performance opérationnelle et nette.