Swiss a vu chuter ses bénéfices au premier semestre 2012, mais inscrit des chiffres positifs alors que sa maison mère allemande Lufthansa reste dans le rouge. La compagnie aérienne helvétique affiche un résultat opérationnel de 61 millions de francs (-53%).

Swiss invoque des conditions de marché défavorables, la force du franc suisse et le prix du carburant. Elle a toutefois publié jeudi un chiffre d’affaires en hausse de 2% par rapport aux six premiers mois de l’an passé, à 2,45 milliards de francs.

Sur le seul deuxième trimestre, la compagnie enregistre un bénéfice opérationnel de 65 millions de francs après une perte de 4 millions entre janvier et mars. Elle qualifie toutefois de «décevante» cette performance, en baisse de 42% en comparaison annuelle.

Au vu de la situation de sa branche et des incertitudes au sujet de la conjoncture économique européenne, l’entreprise prévoit que son résultat pour l’entier de l’exercice sera encore inférieur à celui de 2011, qui avait déjà diminué de 17% à 306 millions de francs.

Encore des efforts prévus

Swiss explique qu’elle a encore amélioré le remplissage des avions mais que cela ne suffit pas à compenser la baisse de ses revenus moyens, les tarifs étant à des niveaux toujours «extrêmement bas».

La compagnie a déjà gelé provisoirement les embauches dans l’administration et relevé ses tarifs ces derniers mois. Elle a aussi optimisé le trafic de proximité et la gestion des carburants dans le cadre du plan d’économies de sa maison mère allemande.

Des synergies supplémentaires sont à l’étude pour les achats et l’administration. «Nous allons procéder à de nouveaux ajustements structurels au cours du prochain trimestre. Nous examinerons notamment nos processus en vol et au sol, le plan d’affectation de nos avions, et chercherons à optimiser notre réseau», annonce dans le communiqué Marcel Klaus, directeur financier de Swiss.

Mais en matière de personnel de cabine et de pilotes, la société ne lésine pas, prévoyant d’engager plus de 300 personnes en 2012. Elle a en outre étoffé son propre département de maintenance de 200 emplois alors que Lufthansa Technik Switzerland en biffait 222, dont certains ont été repris par Swiss. Cette dernière comptait au total 7975 collaborateurs à fin juin.

Mieux que Lufthansa

Quant au groupe Lufthansa, il a pu freiner ses coûts via sa restructuration passant par la suppression de 3500 postes dans l’administration. Après la perte de 397 millions d’euros subie sur janvier-mars, il a dégagé sur avril-juin un bénéfice net de 229 millions (-23,9% sur un an), supérieur aux attentes des analystes.

Le bénéfice opérationnel a totalisé 361 millions d’euros (+27,6%) et le chiffre d’affaires s’est établi à 7,89 milliards (+6,4%), a encore indiqué Lufthansa.

Mais en ce qui concerne l’ensemble des six premiers mois, le groupe est resté dans le rouge. Il a fait passer sa perte nette de 206 millions à 168 millions d’euros, amélioration qui inclut des gains d’activités cédées de 36 millions (vente de British Midland).

Sa performance opérationnelle a en revanche chuté par rapport au premier semestre 2011, glissant d’un résultat de 114 millions d’euros à une perte de 20 millions. Le chiffre d’affaires des six mois a crû de 6% à 14,5 milliards d’euros (17,4 milliards de francs).