«Si toute la politique de croissance de la zone euro repose sur les épaules de la BCE, alors cela va mal se finir», a déclaré jeudi Benoît Coeuré, l'un des six membres du directoire de l'institution, au journal allemand Die Welt.

«Nous n'en sommes pas encore là, mais d'après ce que nous voyons, la tentation en Europe est bien là de s'en remettre complètement à la BCE pour résoudre le problème», a-t-il ajouté.

Le président de la BCE Mario Draghi rappelle souvent les gouvernements européens à leur devoir de mener des réformes et consolider les finances publiques pour faire repartir la croissance et l'emploi en Europe, et conçoit l'action de la BCE comme accompagnant simplement ces efforts.

L'institution monétaire déverse des milliards d'euros dans le système économique au moyen de prêts avantageux aux banques et d'achats massifs de dette publique et privée. Elle maintient aussi les taux d'intérêts très bas pour stimuler le crédit.

«Ce que nous disons aux pays concernés, c'est qu'ils doivent mettre à profit les économies réalisées grâce aux taux bas pour faire baisser leur endettement, pas pour augmenter les dépenses», a expliqué Benoit Coeuré. De manière générale, «les questions auxquelles l'Europe doit répondre de manière urgente ne sont pas des questions de politique monétaire», a-t-il affirmé.

Cela n'empêche pas la BCE d'envisager d'étendre encore son action, par exemple en gonflant son programme de rachats de dette. Rien n'est encore décidé, a assuré M. Coeuré. «Nous prendrons une décision en décembre sur la base de toutes les informations disponibles», a-t-il précisé.