Berne annonce l’arrivée d’une banque chinoise d’ici à fin 2015

Installation La China Construction Bank Corporation sur les rangs

L’accord bilatéral en matière financière que la Suisse et la Chine ont conclu mercredi se concrétise déjà: selon la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, la China Construction Bank Corporation devrait prendre ses quartiers à Zurich ou à Genève d’ici à la fin de l’année déjà.

La Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, n’a plus qu’à fixer le cadre de régulation, a indiqué la cheffe du Département fédéral des finances (DFF) aux médias, en marge du Forum économique mondial (WEF) à Davos (GR).

La Banque nationale suisse (BNS) et son homologue chinoise, la Banque populaire de Chine (BPC), ont signé un mémorandum d’entente relatif à la conclusion en Suisse d’accords de compensation en renminbis, la devise chinoise. Ce protocole favorisera l’utilisation du renminbi par les entreprises et les institutions financières dans leurs transactions et facilitera en outre le commerce et les investissements entre Berne et Pékin.

C’est une très bonne nouvelle pour les entreprises suisses actives en Chine. Soit 900 firmes et filiales, selon Gérald Béroud, le fondateur du site internet d’informations sino-suisse Sinoptic, interrogé par l’ATS. D’après la conseillère fédérale, le quota de 50 milliards de renminbis qui a été octroyé à la Suisse est très important. «La Chine avance à grands pas vers l’internationalisation de sa devise, le renminbi (RMB) et la Suisse a un grand intérêt à participer à cette évolution et à établir sa place financière comme un centre pour les transactions en renminbis», a poursuivi la Grisonne.

Entretenir la dynamique

Eveline Widmer-Schlumpf profitera d’ailleurs de sa visite de travail à Pékin au début du mois de février pour entretenir cette dynamique et pour continuer à intensifier la coopération avec la Chine dans le domaine financier.

Le WEF marque donc une étape supplémentaire dans le rapprochement entre la Suisse et la Chine. L’année dernière, Berne et Pékin ont déjà mis en œuvre un accord de libre-échange. Cet acte va générer davantage d’emplois, s’est félicitée la conseillère fédérale.

«Il est difficile de donner un chiffre précis pour l’instant, on aura une meilleure idée d’ici à deux à trois ans», a-t-elle indiqué.

Dossiers chauds pas en reste

Malgré ces bonnes nouvelles, le séjour de la ministre des Finances n’a pas été pour autant de tout repos. Eveline Widmer-Schlumpf a multiplié les rencontres et s’est entretenue avec une douzaine de personnes, dont le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, le commissaire européen chargé de l’Emploi et de la Croissance, Jyrki Katainen, ou encore la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

Un marathon où les thèmes comme la libre circulation des personnes et la mise en œuvre de l’initiative «Contre l’immigration de masse», ainsi que le franc fort ont bien sûr aussi été abordés.

«Nous avons avancé sur tous ces dossiers», a-t-elle assuré. Mais concernant la libre circulation, les interlocuteurs européens répondaient toujours la même chose: «Nous vous comprenons, vous avez un article constitutionnel à appliquer, mais la libre circulation est un élément clé de l’Union européenne. Et la Suisse doit se montrer compréhensive.» C’est un élément de base.

Sans vouloir commenter la décision de la BNS, la ministre des Finances a rappelé que pour l’heure il était trop tôt pour prendre des mesures. Il faut attendre que le marché fluctue moins et utiliser ce temps pour réfléchir aux possibilités dont dispose la Suisse.

Concernant le tourisme d’achat, la conseillère fédérale a donné un précieux conseil aux Suisses: s’ils veulent soutenir leur économie, ils doivent faire leurs achats en Suisse. «Je demande aux Suisses de bien réfléchir» avant de «dévaliser» les magasins des pays voisins.