Dans une année ou deux, la Suisse pourrait démanteler tous les instruments de promotion des investissements et de commerce liés à la Chine. En étude à Berne, une telle mesure concernerait également d'autres pays émergents dont le Brésil, la Russie, l'Inde et l'Afrique du Sud, un groupe connu sous l'appellation BRICS. «Nous avons le sentiment que ces pays disposent désormais de règles économiques assez bien rodées», explique un fonctionnaire fédéral proche du dossier.

En effet, la Confédération a mis en place plusieurs instruments pour aider les PME suisses à s'implanter en Chine. Le Seco Start-Up Fund prête jusqu'à 300 000 francs à des taux d'intérêt favorables aux entreprises créant des joint-ventures avec des partenaires chinois. Le Sino-Swiss Partenership Fund va plus loin et fournit le capital-risque jusqu'à 5 millions de francs, contre un droit de regard sur l'entreprise. Deux business hubs, l'un à Pékin et l'autre à Shanghai, fournissent les services «finance et conseil» sous les auspices de Business Network Switzerland.

La réflexion sur la pérennité de ces instruments n'est toutefois pas contradictoire avec la mission que dirige Joseph Deiss, chef du Département fédéral de l'économie cette semaine en Chine. «De tels engagements au plus haut niveau sont aussi nécessaires pour renforcer les relations bilatérales que pour encourager les hommes d'affaires suisses établis dans l'Empire du Milieu», poursuit notre interlocuteur. Lors de son séjour à Pékin et à Shanghai, Joseph Deiss rencontrera le vice-premier ministre, Zeng Peiyan, le ministre du Commerce Bo Xilai et visitera les entreprises suisses implantées dans ce pays. Il va également, au nom de l'Association européenne et de libre-échange (AELE), qui regroupe l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, sonder les possibilités de négocier un accord de libre-échange avec le géant asiatique. Les échanges commerciaux entre la Suisse et la Chine ont explosé dans les deux sens.

C'est en 1980 qu'une entreprise suisse, Schindler, s'est engagée dans la Chine moderne, raconte une étude intitulée «Tempted by the dragon – Swiss Companies in China». En 2003, elles étaient 300 entreprises suisses à y avoir pignon sur rue. Coup d'accélérateur en 2004, 700 projets étaient enregistrés, dont 90 qui ont commencé leurs activités. Avec l'ouverture graduelle du marché chinois, UBS a été la première banque étrangère à obtenir un permis d'opération. De la même façon, Swiss Re est la première compagnie étrangère à entrer dans le marché de la réassurance.