Matières premières

Berne rassure les traders sur l'attractivité de la Suisse

Le secteur s'inquiète des incertitudes fiscales, du franc fort et des conséquences du 9 février. La Suisse vante ses conditions «toujours très attractives»

Franc fort, restriction de l’immigration, impôts plus élevés à cause de la suppression des privilèges fiscaux: les négociants en matières premières s’inquiètent de la dégradation des conditions-cadres en Suisse. Discrètement, certains délocalisent des fonctions non essentielles, d’autres menacent à mots couverts de partir. Berne a tenté mercredi de répondre à cette grogne, par la voix de la secrétaire d’Etat à l’économie Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch.

«La Suisse offre toujours des conditions très attractives et fiables» pour ce secteur qui pèse désormais près de 4% du PIB helvétique, a-t-elle expliqué lors du cinquième FT Commodities Global Summit organisé à Lausanne. «C’est un secteur que nous accueillons à bras ouverts en Suisse.»

La politique officielle du Conseil fédéral repose sur deux axes: renforcer l’attractivité de la place helvétique, qui doit rester un hub des matières premières, et garantir son intégrité. «Le Conseil fédéral attend des entreprises qu’elles conduisent leurs affaires de manière responsable», a déclaré Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch. Mais il ne légiférera pas de manière unilatérale et privilégiera toujours les «mécanismes volontaires» aux normes répressives.

Dialogue entre l’industrie et les ONG

L’administration tente aussi de faire dialoguer l’industrie et les ONG qui l’accusent de corruption, de pollution et de violations des droits de l’homme. Des discussions ont eu lieu il y a deux mois. «Je suis ravie de ce dialogue amélioré», a expliqué la Secrétaire d’Etat.

La Suisse a aussi initié un examen spécifique du négoce de matières premières au sein de l’EITI, la plateforme qui promeut la transparence des industries extractives.

Malgré les incertitudes et des coûts élevés, la Suisse conserve une place à part dans le cœur des traders. «Elle reste le hub pour le trading, notamment de produits énergétiques», explique Sanjiv Gupta, un grand industriel indien qui ouvre ce jeudi un bureau de négoce de métaux à Genève.

«La Suisse a peut-être un peu perdu comparé au passé, mais elle reste numéro 1, dit-il. Nous avons déjà un bureau à Londres, mais pour le trading de matières premières, c’est la Suisse.»

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