La Suisse négocie actuellement cinq accords de libre-échange au niveau bilatéral ou régional, notamment avec le Canada, la Corée du Sud, la Thaïlande, l'Egypte et l'Union douanière d'Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie et Swaziland).

Parallèlement, elle a ouvert des discussions exploratoires avec le Japon, la Thaïlande, l'Indonésie, la Syrie, l'Algérie et le Conseil de coopération économique du Golfe (Bahreïn, Koweït, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis). Au moment où les premières tractations avec les Etats-Unis commencent, une quinzaine d'accords sont déjà opérationnels.

Le multilatéralisme, une priorité suisse

Les accords de libre-échange sont en ligne avec la stratégie du Conseil fédéral. Dans le rapport 2004 sur le Commerce extérieur rendu public en janvier, il rappelle qu'un franc sur deux dépensés en Suisse est gagné à l'étranger et affirme clairement sa volonté d'améliorer l'accès aux marchés étrangers par le biais de tels instruments commerciaux.

«Ces accords, restreints sur le plan géographique, ont l'avantage de réduire le nombre d'interlocuteurs et de parvenir plus facilement à des résultats», avait déclaré le conseiller fédéral Joseph Deiss au Temps en mai dernier. Il avait certes insisté sur le fait que le multilatéralisme restait la priorité suisse. Mais, selon lui, les accords bilatéraux ou régionaux pourraient constituer une alternative en cas d'échec des négociations du Cycle de Doha au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

En effet, au lendemain de l'échec de la conférence de l'OMC, à Cancun en septembre 2003, les grandes puissances, les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) en tête, avaient clairement affirmé qu'elles allaient négocier des accords commerciaux bilatéraux ou régionaux. Elles sont passées à l'acte immédiatement et ont ouvert plusieurs chantiers. La Suisse a fait de même. A ce propos, Joseph Deiss devait dire en octobre 2003 qu'«il était rassurant que la Suisse ait déjà conclu plusieurs accords bilatéraux dans le cadre de l'Association européenne de libre-échange».

Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz est également partisan d'un rapprochement économique avec les Etats-Unis. Dans un discours devant la Chambre de commerce américano-suisse en juin, il a plaidé pour l'ouverture rapide de négociations avec Washington.