Peter Kappeler, directeur général de la BCBE, a partagé son expérience d'une société – poubelle pour crédits douteux avec Blaise Goetschin, son homologue à la BCGE. Mais si les soucis de la bernoise Dezenium AG s'estompent (sur ses 6,5 milliards de crédits pourris de départ, il n'en reste que 800 millions à liquider), ceux de Blaise Goetschin commencent à peine. Car, les 5,067 milliards de la Fondation de valorisation des actifs de la BCGE plombent toujours son bilan. La BCGE est loin d'être assainie!

En revenant de Francfort et avant d'aller à Zurich, un crochet par Berne au siège de la BCBE s'impose pour la directrice genevoise des Finances. Elle y apprendrait, par exemple, que fixer des règles et un délai précis pour nettoyer les poubelles à crédits rassure les investisseurs. Ou encore que la garantie étatique est un autre critère essentiel. Or, Genève a choisi celui de la caution simple: il épouvante n'importe quel banquier censé.

En provisionnant 2,7 milliards sur les comptes 2000 de l'Etat, elle vient pourtant de dire clairement aux banquiers cantonaux que l'Etat – donc les contribuables! – refinance d'autant l'actif de la Fondation. Mais ils hésitent encore à lui donner un crédit consortial de 500 millions. Ils aimeraient voir un lien évident entre la Fondation et l'Etat. Ce lien existe à Berne depuis dix ans: la BCBE est tirée d'affaire. A Genève, il n'y a rien: la BCGE a toujours un pied dans le gouffre.

P. Ct