Il y a des devoirs plus désagréables que celui que remplissait Etienne Jornod jeudi matin. Après cinq ans à la tête du conseil d'administration de BG Group, bureau d'ingénieurs plus connu des Romands sous le nom de Bonnard & Gardel, le président sortant a présenté des résultats records, fruits d'une stratégie claire et ambitieuse mise en œuvre depuis 2003.

Alors que les perspectives de grands travaux d'infrastructure sont minces et les prix sous pression, BG Group a enregistré en 2004 un chiffre d'affaires en progression de 7,7%, à 37,4 millions de francs, tandis que son bénéfice bondit de 59%, à 638 000 francs, après renforcement des réserves, versement d'un intéressement spécial au management et contribution extraordinaire à la caisse de pension. Le carnet de commandes atteint 23 millions à douze mois et 15 autres à vingt-quatre mois, situation qualifiée de «confortable» par le président de la direction Jean-Daniel Marchand. Enfin, les résultats à fin juin 2005 sont en avance sur les prévisions.

Après s'être fait un nom dans le génie civil, BG Group s'est repositionné dans la maîtrise des risques, où ses compétences lui permettent de rivaliser avec les géants mondiaux. Dans le domaine «infrastructures et transports», la société dirige par exemple le chantier ferroviaire du Lötschberg et devient une référence en matière de sécurité anti-incendie dans les tunnels (voir encadré). Dans la section «eau et environnement», elle a notamment dirigé la construction de la nouvelle station d'épuration de Berne, dont elle supervisera la qualité pendant dix ans. Dans le segment «bâtiments complexes», elle a mis sur pied le concept global de sécurité pour le nouveau centre Serono et le nouveau siège Rolex à Genève.

Actuellement, les trois quarts du chiffre d'affaires sont réalisés en Suisse et 15% en France, mais les activités dans ce dernier pays se développent rapidement et devraient dépasser les 20% cette année. «BG Group a une forte culture d'entreprise, ce qui est un avantage mais parfois aussi un handicap, dit Jean-Daniel Marchand. Notre but est d'être perçu comme une entreprise vraiment française dans l'Hexagone.» BG Group y a créé des filiales à Paris, Lyon, Saint-Genis et La Ciotat. Il est aussi présent en Suisse alémanique, à Londres et en Algérie.

Avec des fonds propres de 12,1 millions et une capacité d'autofinancement de 2,4 millions, l'entreprise n'exclut pas des rachats ciblés. Son nouveau président du conseil est Bernard Verdier, 59 ans, un spécialiste de la structuration financière de grands projets d'infrastructure formé à la Banque mondiale, à la SBS, puis l'UBS.