La planète finance

Mais qui peut bien acheter la BNS?

Que faire de son argent? La question brûle les lèvres de tous les investisseurs depuis le début de l’année. C’est que les marchés actions, inondés de liquidités à tel point qu’ils en atteignent des sommets, font peur. Quant aux obligations, elles ne rapportent plus rien depuis bien longtemps. Même le cash coûte de l’argent à ceux qui veulent le placer dans des coffres en banque. La faute aux taux d’intérêt négatifs. Alors il reste bien la pierre pour ceux qui ne craignent pas les bulles, voire le vin.

Certains malins pourraient toutefois avoir trouvé la parade. Ironie du sort, c’est auprès de celle qui est à l’origine de bien des maux de tête depuis le début de l’année, la Banque nationale suisse (BNS), qu’ils sont allés se réfugier. En achetant de ses actions. Car oui, la BNS est cotée: 100 000 actions d’une valeur nominale de 250 francs chacune. Or, la semaine dernière son cours a gagné près de 20% pour atteindre 1200 francs vendredi. Un niveau plus connu depuis mai 2011, soit avant l’instauration du taux plancher.

Alors qui peut bien acheter des parts de notre sacro-sainte banque nationale? Et sans prévenir en plus. La presse suisse alémanique a d’abord évoqué un hedge fund américain. Encore eux. Avant de se rétracter et de pointer du doigt une erreur de Bloomberg. Bref, tant que ce n’est pas la femme de Thomas Jordan diront les mauvaises langes.

N’en demeure pas moins qu’il en va de notre orgueil national. Fort heureusement, la loi spéciale qui régit la BNS prévoit que «l’inscription d’un actionnaire est limitée à 100 actions». Sauf pour les collectivités et établissements de droit public ainsi que pour nos chères banques cantonales. Ouf, l’honneur est donc sauf. Vendredi, c’est toujours le canton de Berne qui arrivait en tête du peloton des actionnaires avec 6,63% du capital-actions. Juste devant Theo Siegert (6,49%), un homme d’affaires allemand…