La tempête qui secoue les marchés financiers depuis plusieurs mois met incontestablement à rude épreuve l'ensemble des stratégies de placement, quelle que soit leur orientation. Certains laissent entendre que les styles d'investissement alternatifs, tels que les fonds de type absolute return, souffrent particulièrement de la situation actuelle. Cette affirmation ne résiste pas à un examen plus approfondi. Pour autant que leur conception et leur mise en œuvre soient adéquates, les produits à rendement absolu conservent tout leur attrait dans le cadre de l'allocation d'actifs.

Les exemples négatifs concernent toutes les catégories de placement: pourtant, l'idée ne viendrait à personne de fuir les investissements en actions uniquement parce que certains fonds en actions s'avèrent nettement moins performants que l'ensemble du marché. Il en est de même pour les stratégies du secteur absolute return.

En réalité, les fonds de placement absolute return qui s'orientent sur les marchés obligataires tirent mieux leur épingle du jeu que la plupart des classes d'actifs traditionnelles (obligations d'entreprises et de pays émergents ou emprunts convertibles): depuis que la crise financière a éclaté en été 2007, les fonds absolute return enregistrent ainsi des rendements positifs à modérément négatifs jusqu'à environ 5% (cette estimation ne tient pas compte des fonds qui s'écartent notablement de la moyenne à la hausse ou à la baisse). Durant la même période, les emprunts des pays émergents ont perdu en moyenne 15%, les obligations d'entreprises à haut rendement 30% et les emprunts convertibles 35%. Certes, une majorité de produits absolute return n'ont jusqu'ici pas encore atteint les objectifs de rendement escomptés. Mais est-ce vraiment un problème spécifique à ce type d'actifs? Force est de répondre par la négative, puisqu'une majorité de fonds n'atteignent pas non plus les objectifs fixés à long terme dans d'autres catégories de placement. Comme dans tous les domaines, la sélection rigoureuse des produits est donc la première des exigences.

Les derniers mois et trimestres nous ont une nouvelle fois confortés dans notre philosophie d'investissement pour les stratégies absolute return, qui repose sur une approche multi-stratégies: au lieu de recourir à un thème de placement isolé pour dégager des rendements excédentaires, nous agissons de manière flexible dans un large éventail de stratégies englobant, pour les produits obligataires, les marchés mondiaux des taux d'intérêt, des devises, du crédit ou des emprunts convertibles.

Nous cherchons non seulement à diversifier nos positions, mais également à tirer parti des valorisations insuffisantes ou excessives ainsi que des erreurs d'évaluation relatives à l'intérieur de ces classes d'actifs. Nous réduisons ainsi la dépendance vis-à-vis de certains marchés et idées de placement, ce qui permet également de surcompenser les périodes de faiblesse passagères dans certaines sous-stratégies. Cette approche génère non seulement un profil de rendement nettement plus diversifié, constant et durable, mais se traduit également par des fluctuations plus modérées en termes de rendement. Nous veillons en outre à conserver suffisamment de liquidités ainsi que des titres faciles à revendre afin de pouvoir gérer en permanence les apports et retraits de fonds.

Outre l'importance d'un concept éprouvé et d'une mise en œuvre efficace, l'expertise de l'équipe de placement est déterminante. A cet égard, nous nous référons aux historiques de performance à long terme dans la gestion des emprunts axée sur une approche absolute return. Nous misons également sur des équipes restreintes composées de spécialistes, ce qui permet de concrétiser rapidement les idées et décisions de placement.

Convaincus que les stratégies absolute return doivent faire partie intégrante de l'allocation d'actifs, nous continuons à développer notre offre de produits à rendement absolu sur la base des historiques de performance actuels. Cette résolution s'appuie sur un autre constat: tous les fonds déjà lancés dans le segment obligataire génèrent non seulement des revenus nettement positifs à moyen terme, mais également des rendements excédentaires substantiels par rapport aux produits concurrents. De notre point de vue, les stratégies absolute return ont donc encore de beaux jours devant elles.