nutrition

Bien s’alimenter pour être performant au bureau

Le dynamisme d’une entreprise peut être influencé par la qualité des aliments proposés en entreprise. Certaines font appel à des experts en nutrition

Le management passe aussi par l’assiette

Nutrition La qualité des repas au travail influence le dynamisme des employés

Des entreprises suisses font appel à des experts en nutrition

Quand on la rencontre, difficile d’imaginer qu’Ellen Kocher avait 21 kilos en trop il y a dix ans. Sportive et dynamique, cette économiste, ex-consultante chez KPMG, a longtemps travaillé à la restructuration des banques. «Je les faisais maigrir», ironise la Suisso-Américaine, qui a changé de métier après avoir changé de silhouette.

Désormais consultante en nutrition et hygiène de vie auprès des cadres, Ellen Kocher compare volontiers l’alimentation à l’économie: «Dans la gestion de l’entreprise, on apprend à aligner l’offre avec la demande. C’est la même chose pour l’alimentation: il faut trouver l’équilibre entre l’entrée et la dépense énergétique.» Ellen Kocher rappelle que cette prise de conscience alimentaire au travail vient des Etats-Unis, où ce sont les entreprises qui payent directement l’assurance maladie des employés. «Elles ont donc tout intérêt à s’impliquer dans la santé de leurs collaborateurs. Certaines primes santé américaines sont même indexées sur le poids: plus le salarié dépasse son poids de santé, plus son assurance coûtera cher.»

En Suisse, un homme sur deux est en surpoids à partir de 35 ans. Ce chiffre passe à 60% après 65 ans d’après l’Office fédéral de la statistique*. Les Suisses prennent du poids mais ils font aussi plus d’activité physique qu’avant, d’après l’étude de santé 2012. «C’est vrai, les gens bougent plus aujour­d’hui, mais ils mangent mal – trop sucré et trop gras – et en trop grande quantité, donc ils continuent de grossir, commente Ellen Kocher. L’influence de nos modes de vie: les voyages, le stress, le manque de temps font aussi qu’on s’alimente moins bien.» Un avis partagé par Virginie Terrier, nutritionniste et responsable d’Efficium à Genève. Cette «clinique du bien-être», spécialisée dans la mico-nutrition, conseille les entreprises et les salariés à mieux manger: «En entreprise, on connaît les techniques comme l’aide à la gestion de conflit ou à la décision, explique Virginie Terrier. Ce sont des outils utiles mais ponctuels. L’alimentation, elle, fonctionne durablement.»

Pour aider les salariés à rester dynamiques, Efficium insiste sur l’importance des micro-nutriments contenus dans l’alimentation: vitamines, acides aminés, minéraux, qu’on trouve en quantité dans certains aliments (voir ci-dessous). Ceux-ci sont envisagés comme un moyen d’optimiser l’assimilation des macro-nutriments (protéines lipides glucides). L’idée est d’alimenter en priorité le cerveau, siège de l’attention, de la motivation et de la confiance, mais aussi de soutenir la résistance physique.

Claudia Logarich, consultante dans le secteur du luxe, a travaillé les six dernières années en tant que directrice export dans un grand groupe de cosmétiques à Genève. Elle a testé toutes les formules de plateaux-repas en Suisse et dans de nombreux pays européens: «Le problème principal qu’on avait à Plan-les-Ouates où je travaillais, c’était le manque de choix dans les services de livraison. On finissait souvent par manger des sandwichs. C’est pratique à manger, mais ce n’est pas très équilibré. Je voyais une nette baisse de régime et d’énergie après manger.»

En voyage pour son travail, Claudia Logarich a goûté à tous les types de cuisine, de l’Espagne jusque dans le nord de l’Europe: «C’est en Scandinavie que j’ai trouvé les menus les plus équilibrés au travail: saumon fumé, harengs; une cuisine qui est légère et nutritive, sans être grasse. Elle permettait de continuer à travailler l’après-midi.» Les restaurants d’entreprise sont souvent appréciés des salariés. «Ces cantines proposent des aliments de bonne qualité, avec une bonne origine, ou labellisés Fourchette verte, commente Virginie Terrier. Mais les repas, s’ils sont sains, sont souvent pauvres au niveau de la neuro-nutrition, et peu adaptés à la productivité au travail.»

Pour mieux évaluer la santé des salariés, Efficium a développé ses propres outils d’audit sur Internet. Les participants répondent à des questionnaires en ligne de façon anonyme. «On peut ainsi indiquer aux entreprises quel est le pourcentage de leurs salariés stressés ou en surpoids, les deux facteurs étant très liés. Généralement, plus on monte dans la hiérarchie, plus on est stressés. Et nous savons comment aider à gérer ce stress grâce à une alimentation stimulant la concentration et l’attention neuronale», conclut Virginie Terrier.

* Résultats de «L’Enquête suisse sur la santé en 2012» publiés fin 2013 et mis à jour le 25 novembre 2014 par l’Office fédéral de la statistique.

«En Scandinavie, j’ai mangé du saumon fumé, des harengs. C’est une cuisine légère et nutritive, mais sans être grasse»

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