Investisseurs, organisations de défense des droits de l’homme et spécialistes des données sont en alerte. D’ici à quelques mois, voire quelques semaines, Palantir doit entrer en bourse, permettant de lever une partie du voile sur cette mystérieuse société. Financée dès ses débuts par la CIA, cette entreprise américaine, très secrète, est l’objet de nombreux fantasmes et le conditionnel est souvent de rigueur: elle aurait permis de traquer Oussama ben Laden, participé à la déportation de migrants aux Etats-Unis ou encore aidé Credit Suisse à analyser les e-mails de ses employés. La firme aurait aussi offert ses services à la Confédération pour lutter contre le coronavirus.

Fondée en 2003, basée à Palo Alto, au cœur de la Silicon Valley, Palantir attire dès ses débuts l’attention à cause du profil de ses investisseurs. On y trouve ainsi l’entrepreneur Peter Thiel, cofondateur de PayPal avec notamment Elon Musk et ancien membre de la direction de Facebook. Peter Thiel, l’un des rares soutiens de Donald Trump en 2016 au sein de la Silicon Valley, aurait injecté 40 millions de dollars dans Palantir. A ses côtés se retrouve In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA, dont le soutien financier à Palantir n’a jamais été chiffré. La semaine passée, la société américaine annonçait lancer la procédure pour être cotée à Wall Street.