Bientôt une banque chinoise en Suisse?

Echanges monétaires Le Conseil des Etats pousse le gouvernement à presser le mouvement

«La Suisse, contrairement à la Grande-Bretagne avec la place de Londres, n’est malheureusement pas cheffe de file dans le dossier de l’intensification des relations monétaires avec la Chine. Elle devra donc prendre le train en marche», regrette Karin Keller-Sutter. La conseillère aux Etats libérale-radicale saint-galloise a donc prié mercredi le Conseil fédéral «d’œuvrer dans les meilleurs délais à l’approfondissement des relations commerciales et monétaires avec la Chine».

Cette injonction, faite au gouvernement au moyen d’une motion de la Commission de l’économie et des redevances, a été acceptée tacitement par la Chambre des cantons. Le Conseil fédéral ne la combattait d’ailleurs pas. «Le dialogue financier avec les autorités chinoises a déjà commencé. Nous allons bien entendu le poursuivre», explique Eveline Widmer-Schlumpf.

Rencontre prévue en juin

La conseillère fédérale chargée des Finances indique qu’une première rencontre a eu lieu en décembre 2013 et qu’une visite en Suisse pour de nouvelles négociations est prévue en juin prochain. L’objectif consiste, pour la Suisse, à profiter de l’ouverture progressive du marché des capitaux chinois et du processus de libéralisation de la convertibilité du renminbi, dont la marge de fluctuation face au dollar a été étendue à 2% lundi.

Hongkong est utilisée aujour­d’hui comme plateforme de change de la monnaie chinoise, mais Londres et les places de Zurich et de Genève aimeraient également pouvoir effectuer ce type d’opérations. Les discussions du mois de juin porteront sur ce thème, mais également sur la possible implantation d’une banque chinoise en Suisse.

De son côté, la Banque nationale suisse a noué un dialogue dès fin 2012 avec l’institut monétaire chinois pour parvenir à un accord «swap» (contrat portant sur des flux entre banques ou institutions) d’échanges financiers. Un groupe de travail interdépartemental a été créé. Eveline Widmer-Schlumpf a cependant rappelé que «ce n’est pas aux milieux bancaires, par ailleurs divisés au début, de dicter le rythme de travail de la Confédération sur ces questions».

La Chine est très présente à l’ordre du jour de la session parlementaire. Le Conseil des Etats a approuvé mercredi une nouvelle convention fiscale (CDI) et s’apprête à avaliser, jeudi, l’accord de libre-échange déjà accepté par le Conseil national en décembre dernier.