«Nous allons développer une collaboration active entre le Québec et l'Arc lémanique dans le domaine de la biotechnologie. Ce processus de coopération prendra le nom de Bio Bridge», a annoncé mercredi Philippe Meyer, adjoint au délégué à la promotion économique genevoise, lors d'une réunion organisée par l'ambassade du Canada à Genève et intitulée «Capital-risque et partenariat technologique en biotechnologie». Outre la mise sur pied d'un site Internet commun, ce projet devrait stimuler les contacts entre des entreprises, les universités, les investisseurs et les autorités des deux régions francophones.

A l'origine de cette collaboration, l'expérience vécue par une start-up basée à Genève, Galéphar. Spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques (antiseptiques, désinfectants et cicatrisants), elle entretient des relations depuis l'été 1999 avec la société québécoise Bagtech dirigée par le professeur Faure (Mac Gill University). «Nous travaillons à la validation de certains produits canadiens dans le domaine du traitement de la peau», souligne Antoine Turzi, directeur de Galéphar. «Comme ces liens professionnels sont fructueux, nous pourrons peut-être aboutir à un rapprochement plus étroit entre les deux entreprises», ajoute-t-il.

Séduit par cette expérience, le Département de l'économie publique du canton de Genève veut donc maintenant l'élargir aux autres acteurs lémaniques du secteur biotech. D'ailleurs, selon Philippe Meyer, «l'exemple canadien et plus particulièrement québécois dans la biotechnologie semble efficace. Il y a dix ans, le pays était économiquement sinistré. Partant de rien, il se pointe aujourd'hui au deuxième rang mondial dans ce domaine prometteur».

Finalisation début octobre

Un rapport détaillant tous les atouts biotech du croissant lémanique – de Genève à Martigny – est en cours et sera présenté fin avril aux autorités du Grand Montréal et de la Ville de Québec. Il servira de base à la future collaboration avec le pôle canadien, qui devrait être finalisée lors du prochain forum organisé à Québec début octobre et dédié à ce secteur d'activité. «La collaboration intercantonale s'avère ici nécessaire pour atteindre la masse critique face à notre interlocuteur», affirme Philippe Meyer. Cette future coopération devrait donc insuffler un peu d'énergie anglo-saxonne au substrat biotechnologique romand.