Santé

La biotech genevoise ObsEva entre à la bourse suisse

La start-up, spécialisée dans les traitements de l’infertilité, est déjà cotée au Nasdaq. Mais elle souhaite encore renforcer sa visibilité sur le plan européen

Symbole du titre? «OBSN». Dès le 13 juillet, les actions de la société ObsEva seront disponibles sur le Swiss Stock Exchange. Un an et demi après sa première cotation au Nasdaq, la start-up biopharmaceutique basée à Plan-les-Ouates (GE) entre à la bourse suisse. Avec un objectif: gagner en visibilité auprès des potentiels investisseurs européens.

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De nouvelles actions ne seront pas émises, puisque le laboratoire ne prévoit pas de recapitalisation dans l’immédiat. «Nous avons encore 160 millions de dollars en banque, ce qui nous permet de tenir environ deux ans, précise son fondateur, Ernest Loumaye. Mais lorsque nous approcherons de la commercialisation, une levée de fonds sera probablement nécessaire.»

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L’entrée à la bourse suisse permettra aussi, selon le dirigeant, de mieux protéger sa société vis-à-vis d’une éventuelle offre publique d’acquisition, dans la mesure où les règles helvétiques sont plus strictes qu’aux Etats-Unis. ObsEva dispose d’un capital flottant de 45,84%.

La société genevoise a été créée en 2012 par Ernest Loumaye, un gynécologue belge qui avait vendu sa première entreprise, PregLem, quelque temps auparavant. ObsEva pèse aujourd’hui plus de 650 millions de francs et travaille sur trois traitements différents: le premier s’adresse aux femmes qui ont recours à une fécondation in vitro (FIV), le deuxième soigne les troubles liés à l’endométriose et le troisième vise les patientes qui risquent d’accoucher prématurément.

A ce stade, le plus abouti est le Nolasiban, qui a pour objectif d’augmenter la fertilité des femmes lors d’une FIV et de réduire les grossesses multiples. L’essai clinique de phase III a abouti à un résultat positif, communiqué en février dernier. «Nous sommes en train de consulter les autorités américaine et européenne sur les études complémentaires à faire avant la soumission aux autorités de mise sur le marché, explique Ernest Loumaye. Nous en saurons plus au mois de septembre, mais si tout va bien, la commercialisation démarrera en Europe en 2020.»

Cap sur l’Asie

ObsEva emploie actuellement 40 personnes, dont 35 sont basées à Genève et cinq à Boston. Les essais cliniques sont effectués en Europe et aux Etats-Unis, mais la société évalue aussi l’intérêt d’en réaliser d’autres au sein d’un hôpital d’Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam.

Si les Etats-Unis et l’Europe restent ses premiers marchés cibles, la start-up lorgne aussi l’Asie. Pour Ernest Loumaye, «la Chine compte entre 600 000 et 800 000 cycles de FIV par an, soit autant que dans toute l’Europe. La fin de la politique de l’enfant unique en est la cause: davantage de couples âgés de 35 à 45 ans veulent un second enfant.»

L’augmentation de la prise en charge médicale de l’endométriose, maladie qui touche 200 millions de femmes dans le monde et qui cause de violentes douleurs pelviennes ainsi que des problèmes de fertilité, est aussi une aubaine pour la start-up genevoise. Sa molécule Linzagolix a réussi ses essais cliniques de phase 2b le 18 juin dernier. «Longtemps, on a cru qu’il n’y avait plus rien à développer en médecine de la reproduction, insiste Ernest Loumaye. C’était faux.»

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