Le géant de l'agroalimentaire Nestlé s'est associé avec plusieurs sociétés privées et publiques, dont la suisse Inventages, pour créer un fonds de 150 millions de dollars néo-zélandais (129 millions de francs) destiné à financer aux antipodes des projets centrés sur les sciences de la vie. L'agence de recherche dépendant du gouvernement néo-zélandais, AgResearch, et le fonds public d'investissement Venture, ont également investi plus de 12 millions de francs dans cette société baptisée BioPacificVentures.

Le fonds allouera des capitaux à des sociétés néo-zélandaises et australiennes innovatrices dans le domaine de l'agriculture, de l'élevage et de l'alimentation. Les deux grands voisins de l'hémisphère Sud se sont déjà bâtis une sérieuse réputation dans ce domaine.

Les agriculteurs kiwis ont notamment fait d'importants efforts pour augmenter leur productivité. De 1990 à 2002, le nombre de moutons vivant dans le pays a chuté de 32%, mais la production de viande d'agneau a dans le même temps augmenté de 11%.

«Nous nourrissons mieux nos bêtes en diminuant le nombre de moutons par hectare et en plantant des variétés d'herbe qui poussent plus vite, ajoute Michael Ashby, un fermier qui exploite une propriété de 625 hectares. En scannant l'ensemble de nos brebis, nous nous assurons de garder celles qui attendent au moins un petit. L'insémination artificielle permet aussi de sélectionner des gènes favorisant la naissance de jumeaux. Le taux de reproduction de nos brebis est ainsi passé de 110 à 150% en vingt ans.»

«Un vote de confiance»

Cette méthode a également été adoptée par les producteurs de lait. «Nous avons dans nos ordinateurs les résultats de plus de 20 millions d'accouplements de bovins, se vante Russell Knutson, directeur des ventes à l'étranger de New Zealand Genetics. Nous dépensons chaque année près de 2 millions d'euros pour identifier les gènes des vaches les plus productives.» Ces recherches ont permis d'augmenter d'un quart la production moyenne de graisse de lait par vache.

Pour pousser plus loin leurs recherches, les scientifiques néo-zélandais souffraient toutefois d'un manque cruel de fonds. La création de BioPacificVentures les aidera à surmonter cet obstacle. «Ce fonds est un vote de confiance pour l'industrie de la biotechnologie en Nouvelle-Zélande qui est en pleine éclosion, se réjouit Steve Maharey, le ministre kiwi de la recherche, de la science et de la technologie. Il prouve également qu'il existe d'importantes opportunités de croissance dans ce secteur.»

La taille respectable de ce fonds va également «permettre aux entreprises de les aider à passer des tests précliniques à l'élaboration de produits prêts à être commercialisés», souligne Erich Sieber, directeur des investissements d'Inventages.