«La croissance est une affaire transfrontalière.» Cette réalité, rappelée mardi à Genève par François Naef, directeur général de Serono International, a trouvé un écho auprès des politiciens suisses et français. Plusieurs cantons romands et Rhône-Alpes ont décidé pour la première fois de s'associer pour vendre leur région, mais également y attirer des capitaux. Ces partenaires seront côte à côte la semaine prochaine à Genève pour défendre à l'occasion de BioData 2004, un arc allant de Viège à Grenoble et passant par Lausanne. Si l'ambition de créer un pôle d'excellence dans les sciences de la vie n'est pas nouvelle pour la région lémanique, l'élargissement à la France voisine atteste d'un fort intérêt commun.

Création d'une fondation

Les sciences de la vie, qui se composent de sociétés actives dans l'industrie pharmaceutique (en amont des grands acteurs du secteur), la biotechnologie et les technologies médicales, représentent l'avenir, aux yeux des politiciens en place des deux côtés de la frontière. Dans cette perspective, cette association n'est qu'un premier pas. La création à l'été prochain d'une fondation franco-suisse pour les sciences de la vie est à l'agenda, avance Carlo Lamprecht, conseiller d'Etat genevois en charge du Département de l'économie, de l'emploi et des affaires extérieures (DEEE).

En amont de cet effort transfrontalier, ce pari sur les sciences de la vie a déjà poussé une grande partie des cantons romands à créer une entité commune destinée à promouvoir leur région sur ce terrain, Bioalps. De deux cantons à son origine, à savoir Genève et Vaud, l'association s'est élargie à Fribourg, à Neuchâtel et au Valais. Cet intérêt se justifie par «le potentiel» de la branche, selon Philippe Sordet, directeur de Bioalps et de la promotion économique du canton de Vaud. Même si ce dernier reconnaît que les chiffres ne sont pas aujourd'hui éloquents. Les 245 sociétés du secteur, répertoriées dans ces cantons romands, représentent en effet peu de chose par rapport aux 38 000 entreprises enregistrées au registre vaudois du commerce, souligne-t-il. Le chiffre d'affaires généré par cette industrie – 4 milliards de francs en 2002 en Suisse et 40 milliards dans le monde, selon une étude d'Ernst & Young – laisse cependant augurer de lendemains chantants.

La tenue de BioData 2004 offre dans ce contexte une visibilité bienvenue pour la Suisse romande et la région Rhône-Alpes. Troisième du genre, ce rendez-vous annuel entend faire le point sur le potentiel des sciences de la vie. Il cherche en parallèle à mettre en contact des investisseurs et des décideurs de sociétés de biotechnologie. Sessions plénières, discussions en panel donnent l'occasion à ces deux mondes de se rencontrer, de tisser des liens. «Difficile de donner des résultats des deux premières éditions. Beaucoup de premiers contacts ont lieu à BioData, les affaires se concrétisent par la suite», relève Hervé de Kergrohen, président de BioData.

L'événement prévoit la venue de 700 participants. «Nous aurons la même taille que l'édition précédente. Cet élément n'est toutefois pas crucial. Il me semble plus important de s'assurer de la qualité du symposium», souligne Hervé de Kergrohen. La moitié des auditeurs inscrits seront des investisseurs. Un détail qui a son importance pour les 10 start-up romandes appelées à se présenter au public. Des entreprises porteuses de la croissance de demain, selon Bioalps.