«Depuis que j’ai commencé à utiliser Batmaid, j’ai plus de temps pour mon nouveau-né.» Lorsqu’elle se met au service d’une marque, Martina Hingis ne fait pas les choses à moitié. L’ex-reine des courts est la nouvelle ambassadrice de la plateforme vaudoise, selon un communiqué de presse de cette dernière. «Un contrat sur plusieurs années», d’après Andreas Schollin-Borg, directeur général et cofondateur de Batmaid qui, en cinq ans, s’est imposé comme l’Uber du ménage à domicile.

Lire aussi:  Andreas Schollin-Borg: «Batmaid va s’attaquer aux marges des plombiers»

Avec ses 25 titres de Grand Chelem, Martina Hingis collectionne les trophées mais aussi les contrats marketing. On se souvient, en 2016, de sa campagne pour les brosses à dents Curaten, ou encore, en 2004, des publicités où elle prêtait son image aux machines à laver V-Zug.

La nouvelle égérie de Batmaid arrive à un moment délicat. Pour cause, l’entreprise a vécu un été compliqué, entaché de critiques sur les conditions de travail qu’elle peut offrir. Dans un reportage de la RTS daté de juillet, des anciennes employées témoignent de journées à rallonge et de rythmes de travail effrénés. Et fustigent l’impossibilité de cotiser pour la LPP.

Lire également:  Martina Hingis, partir, revenir, repartir

Accrochage avec Unia

Au cœur du problème: le statut de Batmaid. Le syndicat Unia souhaite que la société se soumette aux conditions de travail prévues par les conventions collectives. «C’est un employeur, il y a des contrats d’assurance sociale au nom de Batmaid, rappelle Aldo Ferrari, le vice-président d’Unia Suisse. Il lui faut respecter les accords de branche: il en va de l’égalité de traitement des salariés et de la concurrence loyale envers les entreprises de nettoyage.»

Batmaid estime, quant à elle, être une plateforme de mise en relation de services, mais pas l’employeur des 1700 nettoyeuses qu’elle fait travailler. Une configuration similaire à celle qui lie Uber à ses chauffeurs.

Lire encore:  Andreas Schollin-Borg, sur les toits de Gotham

Andreas Schollin-Borg cherche toujours à agrandir sa société et veut faire de la campagne avec Martina Hingis la plus grande de l’histoire de la plateforme, avec un déploiement «sur toute la Suisse». Doit-on y voir un coup marketing pour se relancer? «Pas du tout, répond l’intéressé. La campagne autour de Martina Hingis ne part pas d’une volonté de redorer notre blason, car contrairement à ce que dit Unia, nous n’avons rien à nous reprocher. De plus, cela fait plus de six mois que nous la préparons.»

Le cofondateur de la plateforme, qui appuie sa communication sur la lutte contre le travail non déclaré, espère renvoyer une image positive des femmes de ménage: «Elles sont malheureusement trop souvent invisibilisées. Nous, nous les comparons à de grandes sportives. C’est pour cela que nous voulions les mettre en parallèle avec une athlète comme Martina Hingis.» Le bras de fer avec Unia, qui devrait se poursuivre cet automne, pourrait contrecarrer ses plans. D’autant que les élections fédérales fourniront un cadre idéal pour politiser le dossier.