A notre arrivée, Frédéric Vallet déploie un éventail de recommandés et d’actes de poursuites sur le comptoir de sa brasserie. «C’est de l’argent que je dois. Loyer, frais de publicité, certains fournisseurs. J’ai arrêté de les ouvrir, je ne veux pas en crever de leur truc», se désole le patron de la brasserie Ô TroisChêne à Chêne-Bougeries (GE). Ce «truc» qu’il dénonce, ce sont les fermetures décidées par les autorités pour lutter contre la pandémie et le manque de soutien étatique qui le poussent à mettre définitivement la clé sous la porte.

Et si samedi dernier les clients se pressaient devant son établissement dès la mi-journée, ce n’était pas pour son plat du jour, mais pour peut-être acheter un four, une cocotte ou une batterie de casseroles à bon prix. «Je liquide tout. J’espère pouvoir retirer 5000-6000 francs de la vente.» Un montant infime, comparé aux centaines de milliers de francs investis dans le fonds de commerce en 2011. «Mais pas si anecdotique, rapporté au total d’aides que j’ai reçues», ironise le restaurateur.