La chronique des changes

Bitcoin: l’arbre qui cache la forêt

L’afflux de fonds vers les cryptomonnaies ne cesse pas

En 2014 et 2015, le bitcoin, la première monnaie numérique, faisait les gros titres car son cours commençait à fortement s’apprécier. Ensuite, au cours d’une longue période de stabilisation, la cryptomonnaie était progressivement rentrée dans le rang jusqu’à cette année, durant laquelle son cours a quasiment été multiplié par dix. Il est intéressant d’identifier la nature du mouvement, autre que la spéculation, notamment ce qui incite certains investisseurs à sauter le pas.

Affluence de monnaie

Ce week-end, le bitcoin a pour la première fois franchi la barre des 9000 dollars. Il semble que ce ne soit plus qu’une question de temps avant que le bitcoin franchisse les 10 000 dollars. La capitalisation totale des projets «crypto» se monte désormais à presque 300 milliards de dollars, et celle du bitcoin en représente environ la moitié. D’ailleurs, la capitalisation du bitcoin a dépassé celle de McDonald’s, qui se situe aux alentours de 130 milliards de dollars.

Durant le «Black Friday», la création de nouveaux comptes sur les plateformes d’échange de cryptomonnaies telles que Coinbase, Bitfinex ou encore Kraken a battu des records. L’afflux de monnaie continue vers les cryptomonnaies.


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Besoin de bitcoins

Il est important de noter que les cryptomonnaies n’ont pas pour objectif de devenir des monnaies comme peuvent l’être le franc ou l’euro. Certaines cryptomonnaies sont simplement des actifs similaires à des titres. Les posséder permet par exemple de recevoir des dividendes issus de la sécurisation d’un réseau décentralisé ou en échange d’un service.

Ainsi, des projets comme Storj cherchent à mettre en réseau l’espace disponible de votre disque dur. C’est simplement le moyen de paiement d’un écosystème particulier, et la start-up ne cherche en aucun cas à battre monnaie.

Le bitcoin en revanche cherche à devenir un moyen de paiement et continue de bénéficier de son statut de première cryptomonnaie. Mais, surtout, le bitcoin est aussi la porte d’entrée à la plupart d’entre elles. Ainsi, pour pouvoir investir dans des start-up utilisant la technologie blockchain, il faut en général avoir des bitcoins ou de l’ethereum (ETH). Par conséquent, il ne faut pas être grand clerc pour deviner que le bitcoin continuera à s’apprécier pendant encore quelque temps, pas pour une question de valeur refuge mais surtout parce que, pour investir dans des projets blockchain, il faut surtout posséder des bitcoins, voire des ETH.

A la suite du bitcoin

Ethereum, la deuxième plus grosse capitalisation derrière le bitcoin, dont la mnémonique est ETH, ne deviendra pas une monnaie. Ce projet de plus en plus connu, mais pas encore mainstream, est une plateforme qui permet de développer d’autres projets blockchain.

C’est un peu le Windows des cryptomonnaies. D’ailleurs, dans la récente histoire moderne, ce sont souvent les plateformes qui ont atteint les plus grosses capitalisations, comme Apple, Amazon ou encore Google, qui possèdent un fort écosystème. L’ethereum est passé d’environ 10 dollars à presque 500 cette année.

En réalité, derrière les cryptomonnaies se cachent des start-up prêtes à concurrencer les grandes entreprises actuelles dans divers domaines: logistique, marketing, finance, etc.

Levée de fonds facilitée

La concurrence masque aussi tout un tas de projets peu scrupuleux. Le nombre de start-up s’est accru de manière exponentielle. La plupart d’entre elles utilisent le principe de l’ICO (Initial Coin Offering) pour lever des fonds; en d’autres termes, l’émission de tokens (ou coins, la différence dans les faits est minime) contre un investissement.

Il n’a donc jamais été aussi facile de lever des fonds. Le problème est qu’en l’absence de régulation les levées de fonds sauvages, dont l’idée de départ se base uniquement sur un concept, se sont multipliées et peuvent rassembler des dizaines de millions de dollars.

Ainsi, même s’il y a d’excellents projets, il y a clairement une bulle, non pas sur la valeur des meilleurs projets mais sur le nombre de projets, dont beaucoup d’ailleurs ne passeront pas l’année 2018.

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