On l'avait presque oublié. Pourtant, le bitcoin flambe à nouveau. Jeudi, avec un bond de 8%, il a dépassé les 750 dollars pour un bitcoin, pour la première fois depuis début 2014. 

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La monnaie virtuelle avait alors atteint des sommets, jusqu'à 1100 dollars, avant de s'effondrer jusqu'à 230 dollars il y a une année. Plusieurs affaires, notamment la faillite d'un site parmi les plus utilisés pour les échanges de bitcoin, avaient entaché la crédibilité de cette monnaie qui évolue dans un système décentralisé et ne dépend pas de la compétence d’une autorité centrale. 

Selon les experts, la crainte d'un «Brexit» et d'une panique sur les marchés à l'issue du vote, jeudi prochain, motive aussi des investisseurs à se tourner vers le bitcoin, que certains semblent considérer comme un actif «refuge». Ces quatre dernières semaines, le bitcoin a grimpé de 70%. 

D'autres types d'investisseurs s'intéressent aussi à cette monnaie. Selon Daniel Masters, gérant d'un fonds en bitcoin basé à Jersey et cité par Reuters, des experts des matières premières commencent à intégrer la cryptomonnaie à leur portefeuille depuis un mois ou deux.

Division en juillet

Autre facteur de hausse, le nombre de bitcoins injectés dans le système chaque jour sera divisé par deux en juillet. Ce «halvening», comme l'appellent les adeptes du bitcoin, conduit ainsi à faire augmenter sa valeur. Au total, 21 millions de bitcoin doivent être mis en circulation, selon le protocole du créateur de la monnaie, l'idée étant d'empêcher l'inflation provoquée par l'impression illimitée de billets, comme le font des banques centrale et qu'on appelle la planche à billet.

Les bitcoin sont créés par des «mineurs» dont les ordinateurs résolvent des codes. Jusqu'à présent, ils recevaient 25 chaque fois. Désormais, ils n'en recevront plus que la moitié. Cette division se produit chaque fois que 210 000 nouveaux bitcoins sont émis. Le dernier «halvening» s'est produit en 2012.

Le bitcoin profite aussi d'un regain d'attention en raison de l'intérêt croissant pour sa technologie, la blockchain, et les multiples utilisations qui peuvent en être faites.

Dernière en date, la Banque du Canada a expliqué cette semaine la possibilité de créer une version virtuelle de sa monnaie. Le Financial Times explique que la banque centrale travaille avec plusieurs établissements canadiens pour développer une version électronique du dollar canadien. Concrètement, ils examinent si cette devise peut se reposer sur la technologie de la blockchain. 

Pas encore pour le grand public

Ces «CAD-coins» (CAD étant l'abréviation de dollar canadien, et coin, la pièce de monnaie en anglais) ne sont pour l'heure pas envisagés comme un outil pour l'ensemble des utilisateurs de la monnaie, mais plutôt pour les échanges interbancaires. En outre, «d'autres modèles doivent être étudiés, et il y a encore beaucoup d'obstacles avant qu'un tel système soit prêt pour le grand public», a précisé Carolyn Wilkins, gouverneur adjointe senior de la banque centrale, citée par le FT.

La blockchain est décrite comme une forme de registre des transactions numérique décentralisé, sûr et infalsifiable, qui permet de réduire les coûts, d’améliorer la qualité et la vitesse des services. La Banque du Canada n'est pas la seule à s'y intéresser, la Réserve fédérale américaine a réuni une centaine de banquiers centraux début de juin pour parler de la numérisation de la finance et des monnaies électroniques.