L’ex-président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand a trouvé un nouvel emploi. Il entrera au sein de la direction du premier gestionnaire de fortune au monde, l’américain BlackRock, annonce le «Financial Times» dans son édition de mercredi. M. Hildebrand sera ainsi directement sous les ordres du PDG de BlackRock, Laurence Fink, précise le quotidien économique britannique. Ce dernier avait bénéficié d’un revenu total (salaire, bonus, etc.) de 23,38 millions de dollars en 2011, selon le magazine «Forbes», alors que Philipp Hildebrand avait reçu une rémunération totale de 861 900 francs en 2010 lorsqu’il était encore président de la BNS.

Philipp Hildebrand devrait prendre ses fonctions dès le mois d’octobre. Basé à Londres, il s’occupera des gros clients d’Europe, du Proche-Orient, d’Afrique et d’Asie. «Peu de gestionnaires jouissent d’autant de considération pour leurs compétences, leur jugement et leur intégrité», a déclaré à son sujet M. Fink, cité par le «FT». BlackRock, dont le siège social est à New York depuis fin mars, compte environ 9.900 employés dans 27 pays et gère quelque 3.684 milliards de dollars (2.939 milliards d’euros) d’actifs.

Ancien associé du hedge fund américain Moore Capital Management, Philipp Hildebrand avait dû démissionner le 9 janvier de la tête de la Banque nationale, suite aux révélations concernant les transactions sur devises effectuées par son épouse. Un audit a par la suite conclu qu’il n’avait pas contrevenu au règlement en vigueur.

Le règlement interne de la BNS stipule qu’un ancien président ne peut travailler dans une banque suisse ou étrangère durant les six mois qui suivent sa démission. Si une «grande banque suisse» le recrute, elle ne pourra l’employer que dans douze mois, avait même précisé la BNS en janvier dernier. Le Conseil de banque pourrait lui accorder une dérogation, mais il ne recevrait alors pas l’entier des douze mois de rémunération.

Ces restrictions n’empêchaient cependant pas Philipp Hildebrand de rejoindre une petite société financière, comme un hedge fund. Pas plus qu’elles ne lui interdisaient de donner des conférences. Philipp Hildebrand a d’ailleurs rejoint l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, en mars, en tant que collaborateur émérite senior («Senior Visiting Fellow»).