La République de Malte figure désormais sur la liste du Groupe d'action financière, un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent, qui s'est engagé à surveiller de plus près les crimes en col blanc sur l'île, a déclaré mercredi le premier ministre maltais.

Le Groupe d'action financière (GAFI), composé de 37 pays et deux organisations régionales, a voté lors de sa dernière session plénière en faveur de l'ajout de Malte sur sa «liste grise», a précisé Robert Abela, le premier ministre de l'archipel méditerranéen, lors d'une conférence de presse. Une première pour un pays européen.

Sur cette liste grise figurent des pays placés sous la surveillance accrue du GAFI, et qui promettent de «s'engager à résoudre rapidement les déficiences stratégiques identifiées, dans les délais convenus». 19 pays, dont une majorité de pays africains, font l'objet de contrôles renforcés par cet organisme.

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«Bien que je considère cette décision injuste, notre pays continuera à s'appuyer sur les réformes déjà réalisées» pour lutter contre le blanchiment d'argent, a affirmé Robert Abela.

Des accusations de corruption depuis de longues années

Etre inscrit sur cette liste peut avoir des conséquences négatives sur les services financiers de Malte, ainsi que sur son attractivité pour les investissements étrangers.

Malte fait depuis longtemps face à des accusations de laxisme et de corruption, qui ont d'ailleurs fait l'objet d'enquêtes en 2017 par la journaliste Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017.

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Le scandale des Panama Papers, une succession de révélations autour de la corruption et de la criminalité financière mondiales en 2016, avait notamment fait chuter deux responsables de l'exécutif, Konrad Mizzi et Keith Schembri.