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Blockchain: une nouvelle vague de projets à l’horizon

CHRONIQUE. La tokenisation est en passe de se démocratiser. Elle va consister à créer une représentation numérique de chaque objet du monde physique et des droits qui y sont liés

A la lecture d’un excellent rapport sur l’avancée des technologies blockchain publié récemment par le fonds d’investissement londonien Fabric Ventures, une phrase m’est restée en tête, capturant l’essence de l’évolution actuelle du marché: «Tokenization is to property as digitization was to content» («La tokenisation est à la propriété ce que le numérique était au contenu»).

Un cycle se termine et un nouveau se dessine. La grande transition numérique, amorcée il y a une vingtaine d’années, arrive à son terme et tous les éléments de contenu – documents, livres, actualités, musique, films, etc. – sont maintenant disponibles sous forme numérique. La prochaine phase de transformation commence et elle va consister à créer une représentation numérique de chaque objet du monde physique et des droits qui y sont liés.

Faisant suite aux fameuses ICO (initial coin offerings), qui se concentraient jusqu’à présent sur la création d’écosystèmes (basés sur les fameux utility tokens), les security tokens ont une valeur adossée et représentent donc l’équivalent digital de titres de placement. Il semble que la vague d’investissements à laquelle on a assisté en 2017 s’apprête à reprendre de l’ampleur, portant une toute nouvelle génération de projets sur le marché, avec pour effet d’augmenter la liquidité des actifs et de créer une infrastructure interopérable.

Un accès facilité à de nouvelles classes d’actifs

La facilité d’échange rendue possible par la tokenisation permettra en effet de rendre liquides des actifs traditionnellement difficiles d’accès. La vente d’une part d’immeuble par exemple nécessite aujourd’hui une inscription au registre foncier. L’accès à une part de fonds requiert un statut d’investisseur professionnel et une revente anticipée est souvent liée à une moins-value.

Des produits d’investissement alternatifs tels que des voitures de collection ou des œuvres d’art présentent une performance dépassant celle des marchés d’actions mais ne sont pas accessibles au grand public. La tokenisation est en passe de démocratiser l’accès à ces classes d’actifs en rendant possible l’acquisition d’un droit à la plus-value portant sur une fraction des objets et titres en question.

Automatisation accrue possible

La représentation numérique d’éléments de propriété permettra également une automatisation accrue des processus. Une hypothèque pourra ainsi être sécurisée par le placement d’un token représentant l’immeuble en gage dans un smart contract. La transmission d’une action pourra être conditionnée à l’acceptation par l’acheteur du contrat d’actionnaire. En Suisse, l’écosystème est encore en préparation mais les premières demandes d’autorisation ont été traitées et les acteurs sont en train de placer leurs pions. Car si les gagnants ne sont pas encore identifiables, une course contre la montre pour occuper ce nouveau terrain a bel et bien commencé.

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