Si on regarde les faits avec distance, l'année boursière 2003 a été une bonne surprise. Une année faste après trois ans de forte déprime. «Pratiquement personne ne s'attendait à ce que les marchés boursiers fassent aussi bien», selon Bryon Wien, stratégiste de Morgan Stanley, cité par l'AFP. «Après trois années en berne, le sentiment général était que les investisseurs mettraient un temps considérable à revenir sur le marché», explique-t-il. Or, malgré la guerre annoncée en Irak, malgré le SRAS ou les craintes de déflation, les hausses sont remarquables. Et 2004? Toujours cité par l'AFP, Hugh Johnson, directeur des investissements de la banque américaine Wells Fargo, promet de «beaux lendemains pour le marché» même si le cru 2004 «sera bon mais pas exceptionnel». Mise en garde de Al Goldman, principal stratège boursier de AG Edwards: «L'argent facile a été fait.»

Perspectives encore avec le traditionnel Atlas de la croissance publié chaque année par le magazine français L'Expansion. La reprise est annoncée à l'échelle mondiale. Et le magazine de noter que «jamais l'économie mondiale n'a paru aussi tonique depuis vingt ans». Sur 176 pays analysés, les experts du Centre de prévision de L'Expansion ne recensent que cinq pays en récession en 2004: la Côte d'Ivoire, le Zimbabwe, les Seychelles, Tonga et Haïti. A l'inverse, la meilleure perspective est pour le Tchad, pays pauvre et meurtri par la guerre civile, qui va enfin bénéficier à plein de la manne pétrolière en 2004. Ce flot continu de revenus pour le pays pourrait se traduire par une hausse du PIB de 30%, après une progression de 10,5% en 2003. Pour ne pas céder à l'optimisme excessif, L'Expansion avance quatre grandes menaces qui vont peser sur l'économie mondiale: le spectre de la contagion terroriste, la démesure des déficits américains, l'engrenage de la guerre des monnaies et le retour de la tentation protectionniste.

La saison des classements-bilans s'ouvre. Selon le cabinet Dealogic, Goldman Sachs demeure la première banque de conseil en fusions et acquisitions en 2003 (comme en 2002) en ayant dirigé 242 opérations à travers le monde pour 366,6 milliards de dollars. Goldman Sachs est suivie, loin derrière, par Morgan Stanley, Merrill Lynch, JP Morgan et Citigroup. Viennent plus loin Lazard, très bien classée sur la zone Europe, Credit Suisse First Boston (154 milliards de dollars de deals), Lehman Brothers, UBS et Deutsche Bank. Ces dix firmes figuraient parmi les onze premières du classement 2002. Le business appelle le business…