Secoué par la détérioration du déficit de la balance commerciale, le dollar a franchi jeudi la barre de 1,265 dollar par euro. L'euro est né à 1,12 dollar, avant de chuter jusqu'à 88 cents puis de remonter lentement jusqu'à connaître 1,29 en février 2004. Le dollar, qui avait semblé reprendre de la vigueur au cours du printemps et de l'été, retombe. Vers 1,50 dollar pour un euro? C'est aller vite en besogne, mais plusieurs analystes n'excluent pas prochainement 1,35 dollar pour un euro.

Quand le dollar baisse, l'or retrouve son caractère spéculatif. Le retour de l'or à 425 dollars confirme les inconditionnels du métal précieux dans leur conviction que c'est l'unique actif qui a encore un avenir. Dans les faits, l'or vient de vivre un bond de 26% depuis son plus bas enregistré le 20 mai dernier. Jusqu'où ira-t-il? UBS déclare attendre un cours de 440 dollars l'once en moyenne en 2005. JP Morgan a relevé sa prévision à 435 dollars. Credit Suisse First Boston voit une cible prochaine à 437 dollars, avec un niveau moyen de 415 l'an prochain.

On l'a déjà dit ici: les transporteurs maritimes surfent sur la vague. Les tarifs des pétroliers plafonnent à des niveaux record. Selon des informations glanées ici et là, l'itinéraire le plus couramment emprunté entre l'Afrique occidentale et la côte atlantique des Etats-Unis n'a jamais été aussi rentable – près de 96 000 dollars par jour. Sur cet itinéraire, Teekay Shipping, le plus grand propriétaire de pétroliers du monde – 10% du transport mondial et environ 160 bateaux –, affirme que le seuil de rentabilité serait d'environ 22 000 dollars par jour. Une fort belle marge, donc, qui permet à ladite compagnie de publier ses meilleurs résultats trimestriels jamais réalisés et des croissances annuelles qui dépassent 25%…

L'envolée des prix des matières premières est devenue un véritable casse-tête pour de nombreux responsables d'entreprise à l'heure de mettre la dernière main au budget 2005. Transporteurs, industriels de la mécanique, plasturgistes, embouteilleurs, producteurs d'emballages, fabricants de boîtes de montres, etc., tous s'affolent de l'inflation de leurs matières premières: pétrole, PVC, plastique, produits chimiques (polyoléfines, polybutènes, dérivés du benzène), acier, cuivre, aluminium, papier, etc. Aux dires des experts, seuls deux éléments seront déterminants pour modifier cette envolée: la croissance mondiale et l'état de l'économie chinoise.