C'était au temps de l'exubérance. 10 mars 2000, l'indice composite Nasdaq, né en 1971, atteignait son record historique avec 5048,62 points. Dès le 11 mars, la dégringolade – avec quelques rebonds passagers – commençait pour s'achever au point le plus bas, le 9 octobre 2002, à 1114,11 points. Cinq ans après, 11 mars 2005, l'indice associé aux nouvelles technologies clôturait à 2041,60 points, soit encore 59,5% en dessous du niveau record. Dieu que le redressement est long! Le Nasdaq perd aujourd'hui 6,97% depuis le début de l'année 2005.

Une hécatombe quasi silencieuse: depuis l'annonce de la suppression totale des derniers quotas d'importation de textiles en provenance de la Chine fin 2004, plus de 110 000 emplois ont été supprimés dans le secteur de l'habillement aux Etats-Unis. La vague est déferlante: les exportations de textiles chinois ont progressé de 29% en janvier, premier mois depuis la fin des quotas qui étaient imposés à Pékin. Et de 37% sur les deux premiers mois. Les ventes à destination des Etats-Unis ont augmenté en janvier de 65% et celles à destination de l'Union européenne de 46%. Avec des envolées dans le prêt-à-porter: une multiplication par 18 des exportations de chemises, par 13 des pantalons et par 10 des costumes.

Si le secteur textile perd beaucoup d'emplois outre-Atlantique, d'autres se portent mieux. C'est clairement la conclusion qu'il faut retirer de la statistique publiée il y a une semaine. Les Etats-Unis ont créé 262 000 emplois en février, contre 132 000 en janvier. Une vitalité économique soutenue qu'on n'avait pas perçue depuis plusieurs mois aux Etats-Unis. Feu de paille?

Pouvoir d'achat, redistribution des bénéfices, le débat est vif. En France comme en Suisse. Dans un entretien à l'expansion.com, Eric Heyer, économiste à l'OFCE, apporte une précision majeure. «Si on regarde le taux de marge, c'est-à-dire le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits des entreprises, il est stable depuis dix ans. Le problème, c'est que la valeur ajoutée baisse. En fait, le gâteau à partager est de plus en plus petit. Les entreprises n'ont donc pas tant de possibilités d'augmenter les salaires. A part celles du CAC 40. Mais leurs profits se font essentiellement à l'international. C'est un peu compliqué de demander des hausses de salaire en France parce qu'il y a des profits en Asie.» La même remarque s'applique en Suisse où les bénéfices des sociétés «internationales» composant le SMI n'ont rien à voir avec celle des PME non cotées.