Tout se vend, tout s'achète. En prélude au système international d'échanges prévu pour 2008 en application du Protocole de Kyoto, l'Union européenne va mettre en place dans deux mois un marché de quotas de gaz à effet de serre. On verra donc des électriciens européens cotés (E.On, Electrabel, Endesa, RWE, etc.) et non cotés (EDF, Vattenfall, Statkraft) s'échanger des volumes d'émissions de CO2. Pour accompagner le mouvement, la Caisse des dépôts et consignations en France a annoncé qu'elle tiendra le registre national des gaz à effet de serre, enregistrera donc les allocations et transactions, ainsi que leur valeur financière. Mais au-delà de ce rôle de teneur de marché, la Caisse de dépôts entend contribuer, en tant qu'investisseur, au financement de projets réduisant l'émission de gaz à effet de serre en acquérant des quotas à économiser. La Caisse entend lancer un véhicule d'investissement dédié, European Carbon Fund, qui vise une rentabilité de 15 à 20%.

Plus classiquement, vous, ou plutôt votre société, souhaitez participer au marché des actions et avoir un siège à la Bourse de New York. C'est le moment d'en profiter puisque jamais depuis 1996 le siège – qui donne droit à traiter les actions aux Etats-Unis – n'a été aussi bas: 1,05 million de dollar, prix du dernier siège négocié. Après un pic en août 1999 à 2,65 millions de francs, le prix a chuté 2 millions de dollars après l'affaire Grasso – révélations sur les émoluments que touchait le président du New York Stock Exchange – et même 1,5 million en juin dernier. Explication à cette décrue: les volumes de transaction au plus bas niveau depuis deux ans.

Traversez la presse étrangère et vous lirez de nombreux articles consacrés à l'envolée des prix immobiliers: France, Espagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Etats-Unis. Mais rien de tel en Allemagne et en Suisse. PricewaterhouseCoopers avance cette analyse explicative: «Le marché suisse de l'immobilier pour la résidence principale n'a jamais présenté par le passé la même volatilité des prix que d'autres pays européens. En raison de la croissance annuelle moyenne de 1,5 à 2%, les prix suisses ne sont que d'environ 15% supérieurs à leur niveau de 1996, comparés aux chiffres exorbitants d'autres pays tels que l'Irlande avec 120% de hausse, la Grande-Bretagne avec 90% ou la France (35%).»

Cet extrait de chronique parue dans Le Monde après la publication du rapport Camdessus m'a particulièrement frappé, notamment sur le fait que la France et son système social datant des années 60 ne sait plus répondre aux vraies questions de son économie. «Chaque jour, environ 27 000 personnes quittent leur emploi. Sur ces 27 000 départs, seuls 540 correspondent à des licenciements économiques, tandis que près de 14 300 sont liés à des fins de contrat à durée déterminée. L'ensemble du dispositif de la protection de l'emploi est ainsi centré sur les 540 licenciements et fait peu de cas des autres pertes d'emplois. Ce dispositif reflète une stratégie de défense des emplois existants, plutôt qu'une stratégie de défense de l'emploi en général.»