Chose promise, chose due. George Bush n'est pas comme Jacques Chirac. Il met en place ce pourquoi il a été choisi. Ce sera donc de nouvelles baisses d'impôts et la priorité à la croissance. Pour les déficits, on verra plus tard. L'effet sur les marchés est immédiat. La décision du président d'ignorer le rétablissement des finances publiques envoie le dollar à la baisse, à presque 1,29 dollar pour un euro. Le record historique du 17 février dernier à 1,2929 est menacé, malgré les bons chiffres de l'emploi américain qui, vendredi après-midi, ont bloqué la descente du billet vert. Le franc suisse a atteint pour sa part, jeudi, un plus haut depuis huit (!) ans à 1,1838 dollar.

Si l'administration Bush II voulait ramener le déficit public – avec 413 milliards de dollars en 2004, il s'apprête aujourd'hui à dépasser les 5,5% du PIB – sous la barre des 3,5%, il faudrait, selon les calculs d'Antoine Brunet, stratégiste de HSBC CCF, une dépréciation supplémentaire de 35% du dollar contre les autres monnaies. Une mesure simplement inacceptable pour des pays comme la Chine ou le Japon. Autre chiffre qu'il faut avoir à l'esprit: la pérennisation des baisses d'impôts provisoires votées entre 2001 et 2004 représente un manque à gagner pour le budget américain de 1244 milliards de dollars.

Encore un mot sur une des faiblesses endémiques des Etats-Unis vue par Stephen Roach, l'analyste vedette chez Morgan Stanley: le taux d'épargne net de l'Amérique est «pour le moins alarmant», dit-il. Après une baisse record de 0,4% début 2003, il a rebondi à seulement 1,9% cet été. Faute d'épargne nationale, «l'Amérique importe l'épargne de l'étranger pour financer sa croissance économique. Les Etats-Unis absorbent désormais plus de 80% de l'épargne excédentaire du monde. Ils ont en effet besoin de faire entrer 2,6 milliards de dollars de capitaux par jour ouvrable pour remédier à leur pénurie d'épargne nationale.»

UBS, Credit Suisse et d'autres établissements bancaires viennent d'annoncer de bons, voire très bons résultats. Mais, à l'aune boursière, ce sont les banques présentes en Europe centrale qui réalisent les plus belles progressions en 2004, rapporte le quotidien Les Echos. Le belge KBC, les autrichiens Erste Bank et Bank of Austria et les grecs National Bank of Greece et EFG Eurobank signent des envolées supérieures à 40%. Présent en République tchèque, en Hongrie, en Pologne, en Slovaquie et en Slovénie, KBC est la première banque d'Europe centrale par ses actifs, rapporte le quotidien français. Sa division à l'Est devrait représenter à la fin 2004 le quart des revenus de ce bancassureur belge. Et à mi-année, la contribution au bénéfice de l'Europe centrale a été multipliée par quatre.