La boutade est connue. «Le dollar est notre monnaie et votre problème.» Hors des Etats-Unis, le propos ne prend que plus d'acuité depuis que le billet vert a atteint 1,3074 pour un euro avant des prises de bénéfices vendredi. Depuis longtemps, les Etats-Unis ont le privilège de ne pas avoir à régler le déficit de leur balance des paiements. De Gaulle fulminait déjà contre cela en 1965 en parlant du dollar comme de la «monnaie de réserve» pour le reste du monde. Quarante ans plus tard, c'est toujours vrai, mais à une échelle plus large: la planète. Il n'est qu'à regarder le rôle majeur joué par les banques centrales asiatiques en ce moment, sur les marchés des changes et dans les achats de bons du Trésor US (cf. ci-dessous).

Dans un entretien accordé à Banco Hedge, Jean-Pierre Steiner, le patron de la caisse de pension de Nestlé, expose ses convictions fortes relatives aux hedge funds, l'importance accordée au due diligence et sa manière d'approcher les gérants. Depuis 1997, la caisse investit dans des hedge funds. Aujourd'hui, 18% de ce portefeuille supérieur à 3,5 milliards de francs sont placés en hedge funds. Un éclairage intéressant au moment où le fort afflux de fonds vers les hedge funds s'estompe, en raison de performances 2004 plutôt décevantes.

Toujours à propos des hedge funds, il n'y a pas que le Japon, la Chine et quelques autres pays asiatiques à manifester un grand appétit pour les bons du Trésor américain. Entre avril et juillet, 33 milliards de dollars d'achat ont été passés en provenance des îles Vierges (domicile favori des hedge funds).

Contrairement à la France et à l'Allemagne, qui semblent vivre un vrai trou d'air, la Suisse subit un ralentissement de son développement économique mesuré. A preuve, les prévisions malgré tout optimistes de UBS qui, après une expansion de 1,9% en 2004, envisage une croissance du PIB de 1,8% en 2005. Pas de grosses inquiétudes sur le front des taux – UBS s'attend à deux petites hausses de 0,25% de point de base cet hiver et au printemps. – et surtout pas de dérives inflationnistes. La banque escompte 0,8% de hausse des prix à la consommation cette année et 1% l'an prochain.

Il existe des pays qui baignent dans l'argent. Par exemple le Koweït, en pleine euphorie pétrolière. Avec une production de 2,5 millions de barils par jour, et parfois des pointes à 2,7 millions, le Koweït a fait exploser son budget public qui tire de l'or noir les neuf dixièmes de ses ressources. Sur les six premiers mois de 2004, rapportent Les Echos, le Trésor a emmagasiné 14,7 milliards de dollars de plus que prévu. Qu'en faire? L'émir a décidé de distribuer au début du mois un chèque de 200 dinars (825 francs suisses) à chacun de ses 943 000 compatriotes. Le reste des pétrodollars sera versé au Fonds des générations futures, financé par les revenus des hydrocarbures, et qui pèse 90 milliards de dollars, soit plus de deux fois le PIB national…