Le dollar a accru sa dégringolade sur le marché des changes. Les investisseurs ont réduit leurs positions en dollars, suivant en quelque sorte la Russie, qui privilégie désormais l'euro au détriment du billet vert. Conséquences: l'euro, le franc suisse et le yen atteignent de nouveaux plus hauts historiques. Pour la monnaie européenne, c'est du jamais vu depuis 1999 avec une poussée à 1,33 USD. Une chute si forte en peu de temps est rarissime: –8% depuis le début d'octobre! Le franc suisse est au plus haut depuis décembre 1995. Le yen atteint un record depuis avril 2000, et le seuil des 100 yens est à portée, sans oublier le dollar canadien (record de 12 ans), le rand sud-africain (record de 5 ans) et le won sud-coréen (plus haut depuis novembre 1997). A moins d'une coordination internationale qui irait au-delà des quelques protestations verbales, on ne voit pas trop qui sera capable d'enrayer cette glissade. Merrill Lynch voit l'euro à 1,39 USD en mars prochain.

Le cours de l'or a dépassé un seuil symbolique, celui des 450 dollars l'once, pour la première fois depuis 16 ans (455 dollars vendredi). Depuis le début de la présidence de George W. Bush, l'or a progressé de 70%. C'est le plus gros «rebond présidentiel» depuis que Jimmy Carter a investi le bureau ovale. «Après avoir quadruplé sous Carter, expose Bloomberg, l'or a perdu 28% sous Reagan, 19% sous Bush Senior et encore 19% sous Clinton.»

L'or suscite un très gros intérêt depuis quelques mois. Signe le plus récent, l'envolée des volumes d'échanges sur les fonds indiciels en or, depuis le 9 décembre 2003 en Grande-Bretagne, et depuis le début de la semaine dernière aux Etats-Unis. Le lendemain du jour de lancement du premier Exchange Traded Funds (ETF) aux Etats-Unis, les volumes négociés ont représenté plus que les volumes cumulés sur des produits correspondants cotés sur les marchés britanniques, australiens et sud-africains. Basé sur le dixième du prix de l'once, ce produit structuré baptisé StreetTracks Gold, conçu par State Street Global Advisors, a été conçu pour attirer des investisseurs qui n'ont pas pour habitude d'intervenir sur les marchés classiques du métal jaune. Cet engouement, note La Tribune, «ne fera que creuser un peu plus le profond déséquilibre existant sur le marché entre les quantités d'or produites (2500 tonnes) et consommées (4000 tonnes) chaque année. Une pénurie qui explique la confiance des opérateurs quant aux évolutions du cours de l'or.»

Plus léger: à en croire une étude de l'Université de Chicago rapportée par le magazine L'Expansion, l'année 2005 sera un très bon cru pour les actions. L'argument est pour le moins futile, mais, depuis 1926 aux Etats-Unis, les chercheurs ont observé que les années qui se terminent par un 5 ont connu les meilleures performances boursières. Au baromètre des années boursières viennent ensuite les années se terminant par 3, 8, 6 et 9. Dans la catégorie moyenne, les années 1, 2 et 4. Enfin les années 0 et 7 sont… pourries.