Réaction populaire fréquente, ravivée cette semaine par l'annonce des résultats de UBS: les grands groupes font trop de bénéfices. Les mêmes voix oublient que ces profits entraînent des rentrées fiscales. Une étude de l'Office cantonal genevois de la statistique tombe à point nommé pour le rappeler. En 2001 - appréciez la diligence des statistiques suisses! - il y avait 18566 personnes orales à Genève, dont 12419 sociétés anonymes. Parmi ce cercle de contribuables, 53% n'ont pas payé un centime d'impôt, 22% ont payé moins de 2000 francs d'impôts et 2% d'entre elles ont payé plus de 100000 francs d'impôts. Soit au total 80% des impôts encaissés. Mais on peut encore affiner: cinquante sociétés - banques, horlogerie, commerce de gros notamment - ont payé plus de un million de francs d'impôts. A elles seules, ces cinquante entreprises assurent plus de la moitié des contributions des personnes morales, soit un demi-milliard de francs. Moralité: il est bon que les entreprises se portent bien. Et surtout les plus grandes...

Comment contrer un assaillant lors d'une OPA inamicale? En séduisant ses actionnaires actuels afin qu'ils ne cèdent pas aux sirènes adverses. Illustration avec deux cas sous les projecteurs de l'actualité. Arcelor, cible de l'indien Mittal, prouve d'abord sa santé. Il a dégagé en 2005 un bénéfice net de 3,8 milliards d'euros, en hausse de 66%. Une image forte qui contraste avec Mittal, dont le profit a reculé, lui, de 28,4%. Ensuite éblouir: le sidérurgiste européen gâte ses actionnaires en leur promettant un dividende de 1,20 euro, près du double de celui de l'an dernier. Deuxième cas avec Danone, jugé opéable en raison de l'éclatement de son actionnariat. Le groupe, basé à Evian, a publié un très bon résultat 2005. Il a surtout mis en évidence sa remarquable croissance organique - 6,7%, un record dans son secteur - et une amélioration constante de sa marge opérationnelle qui a progressé de 25 points de base en 2005, à 13,35%. Exemplaire pour des produits laitiers, des biscuits et des eaux minérales. Cerise sur le gâteau, le dividende versé aux actionnaires sera relevé.

Les caisses de pensions suisses se rétablissent. Cela, tout le monde le sait. Mais le dernier bulletin de l'Office fédéral de la statistique portant sur la prévoyance professionnelle en 2004 apporte quelques faits nouveaux. A fin 2004, il y avait 479,28 milliards de francs dans les caisses de pensions. En hausse de 15,1% sur 2002. Sans donner un chiffre précis, l'OFS recense quelque 3000 institutions de prévoyance et 3,19 millions d'assurés actifs, soit un recul de 74000 assurés, ou 2,3%. Pourquoi? Ce repli pourrait s'expliquer par la stagnation du marché du travail et par l'essor du travail à temps partiel avec des taux d'activités bas qui ne crée pas d'affiliation à une caisse de retraite. Il est toutefois surprenant de constater que les effectifs des assurés des institutions de droit privé ont diminué de 3,4%, alors que ceux des institutions de droit public ont progressé de 3,8%. Cantons et communes pourraient s'interroger sur cette évolution à contre-pied de leurs effectifs...

Rente ou capital? L'étude de l'OFS (ci-dessus) met en évidence un intérêt toujours plus fort des assurés pour obtenir leur prestation retraite sous forme de capital. Le volume des versements de ce type s'est accru de 39,1% et le nom- bre de bénéficiaires de 32,2%. Le phénomène est marqué - 34000 personnes pour 4,6 milliards de francs. Mais il doit être mis en regard des 19,1 milliards versés sous forme de rentes en 2004 à quelque 845000 personnes.