Les fonds souverains, qu'ils soient asiatiques ou moyen-orientaux, achètent-ils des canards boiteux ou réalisent-ils de très bonnes affaires? Au risque d'être déjugé après-demain, il y a fort à parier qu'ils achètent à très bon compte. Simplement, parce que les fonds souverains ont le long terme pour eux. Qu'ils soient de Pékin, d'Abu Dhabi ou de Dubaï, ils jouent à merveille entre l'éternité (ou presque) qu'ils ont pour réussir leurs opérations et l'urgence dans laquelle se débattent de grands établissements bancaires ou d'assurance. Ils mettent ainsi la main sur d'importants paquets d'actions à bon compte - Ping An a racheté 4,2% du réputé bancassureur Fortis à un prix de 40% inférieur au cours de janvier et à peine sept fois les résultats attendus de 2008 -. Pour Citigroup, le cours de l'action est en recul de 45% depuis le début de l'année. Demain, les fonds souverains seront des acteurs incontournables de la planète finance. A cause de leurs cibles et de leurs poids. Morgan Stanley estime qu'avec un poids cumulé de 12000 milliards de dollars en 2015, les fonds souverains seraient en mesure d'acheter toutes les entreprises cotées à Paris, Londres, Francfort, Madrid, Milan, Bruxelles et Lisbonne!

Le fonds emirati Abuh Dhabi Investment Authority qui vient d'investir 7,5 milliards de dollars dans Citi via des obligations convertibles rémunérées à 11% fera-t-il la même (belle) affaire que le prince saoudien Al-Walid bin Talal? En 1990 puis 1991, le milliardaire - premier acheteur privé de l'A380 - avait investi 797 millions de dollars en deux tranches dans ce qui s'appelait alors Citicorp. A l'époque, la banque souffrait de manque de liquidités consécutif à des pertes liées à des prêts en Amérique latine et à un effondrement des prix de l'immobilier... américain. Cette participation vaut désormais 10 fois plus, soit 7,5 milliards de dollars.

Il s'est passé quelque chose d'extraordinaire (et de paradoxal) la semaine dernière sur les marchés boursiers, américains principalement. En 48 heures, mardi et mercredi, le Dow Jones a regagné presque 550 points, du jamais vu depuis les 13 et 14 octobre 2002. Idem pour l'indice Standard and Poor's 500 en reprise de plus de 4%. Tout ça, simplement parce que la Réserve fédérale laisse entendre qu'elle est prête à réduire ses taux le 11 décembre prochain? Le phénomène n'est pas facile à expliquer à ceux qui avaient compris qu'il y avait un problème de subprime, donc un problème d'immobilier américain, donc un problème majeur pour l'économie outre-Atlantique, et par conséquent un problème pour l'économie mondiale... «Don't look now: here comes the recession», titre le magazine Fortune.

Note finale plus positive. A peine un quart de siècle après sa naissance, le téléphone mobile équipe 3,3 milliards d'hommes et de femmes, soit la moitié de la population de la planète.