Doit-on parler de pétrodollars ou de pétroroubles? Les grandes entreprises russes, à commencer par les géants de l'énergie, Gazprom et Loukoil, sont intéressées par des prises de participation d'envergure dans de grands groupes européens. Dernier exemple en date, Alfa Group, le plus important conglomérat privé russe, propriété de Mikhaïl Fridman, cinquième fortune de Russie, souhaiterait acquérir 20% du britannique Vodafone - soit la coquette somme de 22 milliards d'euros. A Londres, Vodafone dément l'affaire, mais à Moscou on ne cache pas son intérêt pour Vodafone, mais aussi France Télécom et Telefonica. Quant à Sistema, autre groupe privé basé Moscou à la tête de l'un des principaux opérateurs mobiles du pays, il serait désireux de prendre 10, voire 20%, du capital de son ex-partenaire Deutsche Telekom. Auparavant, rappelle Le Figaro vendredi, la banque Vnechtorgbank, pour le compte de l'Etat russe, a racheté 5,02% d'EADS, maison mère d'Airbus; Loukoil a racheté une grande raffinerie à Amsterdam; Russal est devenu numéro un mondial de l'aluminium après un mariage avec Glencore; Severstal a pris une participation provisoire dans Arcelor.

Or noir, or jaune: les évolutions de cours sont inverses. Dans la plus grande discrétion, l'or jaune est passé de 560 dollars à 625 dollars l'once. Pendant le même moment, le pétrole poursuivait sa plus longue correction depuis 1988. Perte de 2 dollars le baril sur la semaine, pour clore à peine au-dessus de 58 dollars. Bonne semaine par contre pour les produits agricoles et record du prix de la laine depuis deux ans... Car il y a un indice - Eastern Index - pour le prix de la laine, calculé sur la moyenne des prix australiens de Sydney, Melbourne et Fremantle!

Cinq ans après le lancement de la monnaie unique, l'Europe s'apprête à organiser le marché unique des paiements (virements, prélèvements et cartes bancaires). Bruxelles et la Banque centrale européenne sont en effet tout près de passer à la phase 2, celle du marché unique des moyens de paiement baptisé officiellement projet SEPA, pour Single European Payments Area. But: doter les habitants de l'Union européenne de moyens de paiement communs permettant de réaliser des paiements en euros dans des conditions identiques, quel que soit le pays de l'Union. En clair, un Allemand ou un Français pourra payer ses produits ou services en Pologne ou au Portugal avec la même carte et surtout les mêmes normes de sécurité que dans son pays. Le grand saut est prévu dès janvier 2008 pour les virements, prélèvements et cartes bancaires. Par contre, les chèques ne seront pas du voyage... Ce qui apparaît simple en apparence est un défi technologique et informatique. C'est aussi une belle ardoise financière. Selon une étude d'Accenture, l'addition représente pour les banques françaises 500 millions d'euros sur cinq ans et 3 milliards d'euros pour les 90 principales banques continentales.