La consommation est le moteur essentiel de la croissance. Par conséquent, connaître la disposition des consommateurs à dépenser ne manque pas d'intérêt. Selon une étude menée par le groupe de crédit à la consommation Cetelem, les consommateurs européens n'ont pas encore pleinement retrouvé foi en l'avenir - crainte du chômage -, mais leur envie de dépenser persiste. Trois camps se distinguent dans la manière d'appréhender l'avenir. Celui des optimistes, qui regroupe l'Espagne, le Royaume-Uni, la République tchèque et la Russie. Un groupe intermédiaire constitué de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Belgique. Et celui des pays pour qui l'avenir reste incertain: la France, l'Italie, l'Allemagne, le Portugal. L'envie de consommer reste malgré tout forte. Mieux, elle s'accroît. Les Européens sont ainsi 41% à vouloir augmenter leurs dépenses.

Traditionnel point faible de l'économie allemande, la consommation des ménages s'est repliée en novembre 2005. Les ventes de détail ont reculé de 1% en valeur réelle. Pour les onze premiers mois de l'année, elles progressent de 0,9%. D'après l'institut GfK, les probabilités d'une reprise de la consommation des ménages allemands en 2006 se sont «légèrement améliorées».

En Suisse, le crédit à la consommation fait peur. Surtout à cause de la hauteur des taux d'intérêt pratiqués. A contrario, en ce moment en France, les boîtes aux lettres sont envahies de propositions d'emprunt à 2,9% d'intérêt! En Europe, les Britanniques sont les champions du crédit à la consommation, avec un encours moyen par ménage de 9603 euros, contre 3175 euros pour l'Italie par exemple et seulement 798 euros en Pologne.

L'Italie a connu une véritable panne de croissance en 2005. A peine O,2% de croissance, selon l'OCDE. Le pire résultat de l'Europe des 25. Et 2006 n'annonce rien de folichon: +1,1%.

Sur ce point, retour sur l'un des plus vifs coups de gueule de fin d'année: Luca Cordero di Montezemolo, patron des patrons italiens, dans le quotidien économique Il Sole 24 Ore. «Une nouvelle année de croissance nulle, de perte de compétitivité, de difficile contrôle des comptes publics et de scandales financiers s'achève», déplore-t-il. Cette situation «signifie que tout le monde ne fait pas son devoir». La cible? Un ex-patron... Silvio Berlusconi.