Des milliards par-ci, des milliards par-là. Perdus, investis, épongés ou injectés. Jusque dans les plans de relance on se perd dans cet océan de milliards. Mais, à ce jour, quelle est l'ampleur de la perte des marchés boursiers mondiaux? Pour en prendre la mesure, plusieurs analystes se réfèrent à l'indice Morgan Stanley qui jauge les performances des principaux marchés de la planète. Cet indice, de son vrai nom «Morgan Stanley Capital International World All Countries Free Index», contient des actions du monde entier, y compris des pays émergents. La pondération par pays correspond à la capitalisation boursière dans le monde. Ne reste alors plus qu'à faire le calcul. Entre son point le plus haut atteint le 31 octobre 2007 et son niveau de jeudi 27 novembre 2008, l'indice MSCI World Free affiche un recul de 47,4%. Sachant que la capitalisation boursière mondiale était jeudi soir de 30 172,27 milliards de dollars, ce sont exactement 27189,46 milliards qui sont partis en fumée en presque treize mois...

Changement de ton en France sur la réalité de la crise économique. Alors qu'il y a quelques semaines, le pays affirmait qu'il ne vivrait pas la même débandade immobilière qu'aux Etats-Unis - la baisse de la valeur du patrimoine immobilier des ménages français dépasserait déjà 330 milliards d'euros -, désormais tous les ministres reconnaissent que «s'il y a une récession économique aux Etats-Unis, il n'est pas question de laisser penser que ça va s'arrêter au-dessus de l'Atlantique comme le nuage de Tchernobyl à l'époque». Finalement, seules des voix suisses croient que la récession ne s'imposera pas à nous, qu'on pourra «passer au travers de cette crise sans entrer dans un ralentissement»...

A la différence de l'Allemagne - «parce que nous avons enregistré un certain succès, nous devrions maintenant jouer les payeurs en chef», se défend le ministre des Finances Peer Steinbrück -, l'Espagne est résolument engagée dans un plan de relance. José Luis Zapatero va mettre à disposition des municipalités 8 des 11 milliards d'euros du train de mesures supplémentaires. Objectif: relancer les travaux publics en privilégiant la rénovation des centres-villes. A noter aussi cette aide fiscale de 1500 euros à toute entreprise qui embauchera en CDI un chômeur ayant charge de famille.

Crise oblige, chacun compte ses sous. Concrètement les Américains, en cette période de vaches maigres, privilégient les chaînes à petits prix de type McDonald's. Il y a quelques jours, le célèbre fast-food a dévoilé des ventes en hausse de 8,2% au mois d'octobre à nombre comparable de magasins. En Europe, les ventes ont progressé de 9,8%, tirées par de solides performances au Royaume-Uni, en France et en Russie. Deux efforts stratégiques accompagnent ces performances: le développement des menus «low-cost» - Le Dollar Menu aux Etats-Unis représente 14% des ventes - et la part croissante du petit déjeuner, servi en restaurant ou au volant de sa voiture, qui connaît une forte croissance du chiffre d'affaires.