Jour après jour, les faits s'empilent. L'économie américaine ralentit. Dernière pièce versée au dossier vendredi: moins de créations d'emplois que prévu en juillet et une poussée inattendue du chômage. A court terme, on peut débattre nuit et jour pour savoir si la Réserve fédérale relèvera ou non ses taux mardi. Mais le fait majeur qui doit retenir notre attention, et donc nos réflexions, est que la croissance s'essouffle. Depuis plusieurs années, profitant de taux historiquement bas, de très nombreux ménages américains ont renégocié leurs emprunts immobiliers ou investi massivement dans un nouvel appartement, une nouvelle villa. Le sentiment de fonds frais ainsi générés, et surtout le sentiment de richesse créé par l'envolée de l'immobilier ont permis de soutenir la consommation. Aujourd'hui, des taux nettement plus hauts - 17 hausses de taux consécutives - brisent l'incitation à investir dans la pierre - les demandes de prêts immobiliers ont atteint leur plus bas niveau en quatre ans la semaine dernière - et surtout limitent la marge de manœuvre des ménages américains. Les taux à prêts variables étaient censés apporter de la flexibilité aux emprunteurs. A présent, voilà qu'ils les ont littéralement menottés. Certaines indications, comme une brusque montée des prêts à la consommation, mettent en évidence que nombre de ménages sont pris à la gorge pour régler leurs dépenses élémentaires (nourriture, financement des études, soins...). Signe manifeste que le ressort de la consommation est cassé: les ventes d'automobiles ont plongé au mois de juillet aux Etats-Unis, d'après les chiffres révélés par BMW (-12%), Nissan (-16%), General Motors (-20%), et surtout Ford et DaimlerChrysler (-34%).

L'euro: une monnaie unique, mais des facettes différentes selon les pays. Les voyages, les vacances dans l'Union européenne révèlent beaucoup de choses à travers les pièces de votre porte-monnaie. Depuis janvier 2002, trois équipes de chercheurs français, étudient avec minutie (http://www.esdo.prd.fr) l'origine des pièces d'euro détenues par les Français. D'abord, il y a des constantes: les pièces belges se retrouvent davantage dans le nord de la France, les pièces italiennes dans le sud-est et les pièces allemandes et autrichiennes en Alsace. Il y a d'autres récurrences. Par exemple, les chercheurs observent une circulation nord-sud. Quand une personne du nord de l'Europe va en Espagne, elle laisse sur les autoroutes, dans les cafés et les hôtels des pièces belges, néerlandaises et allemandes à l'aller et des pièces espagnoles au retour. Pour tomber sur des euros finlandais ou grecs, il y a plus de chances à Paris qu'en province. Par contre, la campagne véhicule beaucoup d'euros hollandais car les touristes néerlandais aiment à séjourner dans les campings.

Pour la région Rhône-Alpes, proche de Lausanne et Genève, voici les probabilités calculées par ESDO d'avoir dans son porte-monnaie au moins un euro étranger: à 40%, il vient d'Espagne, à 35% d'Allemagne, à 27% d'Italie et à 14% de Belgique. Par contre, la probabilité pour la Grèce, le Luxembourg et l'Irlande tombe à 4% et même 3% pour que cet euro étranger soit finlandais.