Avec la Chine, les tailles, les frontières, les montants explosent... La première banque chinoise, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) sera introduite en Bourse le 27 octobre simultanément à Shanghai et à Hongkong. Ce sera la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée. Déjà l'opération a été sursouscrite cinq fois pour recueillir cent milliards de dollars, selon le FT Asia. Jusque-là, le record mondial était détenu par le japonais NTT DoCoMo, qui avait levé en 1998 18,4 milliards de dollars. ICBC devrait lever plus de 19 milliards de dollars. Après China Construction Bank et Bank of China, ICBC est la troisième des quatre grandes banques d'Etat chinoises à s'introduire en Bourse hors de Chine continentale, à Hongkong, qui reste un marché considéré comme extérieur.

Il y a le mouvement inverse. A savoir une reprise en main par le pouvoir politique, l'Etat. C'est le cas d'EADS, maison mère d'Airbus, en proie à de fortes turbulences. Aux côtés de l'Etat français, qui possède 15% du capital, on a appris la semaine dernière que la Russie serait montée à près de 7% du capital, par le biais de la banque publique Vnechtorgbank, et que l'Allemagne veut prendre une solide participation. D'abord 7,5%, mis sur le marché par DaimlerChrysler, via la banque d'Etat Kreditanstalt für Wiederaufbau. Et plus, dans un second temps, à travers une prise de participation directe des Länder, les Etats-régions.

La course à la taille est toujours vive dans le monde bancaire européen. Désormais, pour figurer parmi les dix premières banques européennes - HSBC précède UBS et Royal Bank of Scotland -, il faut peser 100 milliards de francs suisses de capitalisation boursière, ce dont ne sont capables ni Credit Suisse, ni Société Générale ou Crédit Agricole, qui vient pourtant de rassembler plus de 300 agences en Italie (ex-Intesa, FriulAdria ou Cariparma). Credit Agricole SA, qui était encore il y a vingt ans une banque française d'inspiration rurale, réalisera en 2008 52% de son produit net bancaire à l'international.