Economie

Bloc-notes. Salaires: coup de pouce

Bloc-notes.

«Il serait souhaitable que la consommation soit rapidement soutenue par une véritable amélioration des revenus des ménages pour espérer une croissance saine et durable». En d'autres termes, il est temps de donner un coup de pouce aux salaires... Qui dit cela? Les organisations syndicales? Oui, à l'instar de Serge Gaillard, premier secrétaire de l'USS lors d'une conférence de presse vendredi. Mais l'auteur de ce plaidoyer est Bearbull Gestion Institutionnelle qui, à travers sa note mensuelle, défend une hausse des salaires. L'analyste remarque que le pouvoir de négociation des salariés s'est érodé ces dernières années, permettant ainsi aux entreprises d'améliorer et de maintenir plus longtemps leurs marges bénéficiaires. A présent, poursuit-il en substance, il faut impérativement donner un carburant nouveau à une croissance jusqu'ici soutenue par la consommation et par l'endettement des ménages (emprunts hypothécaires notamment). En point d'orgue à cette position, l'Office fédéral de la statistique indiquait le jour même que la hausse des salaires nominaux avait été de 1,0% en 2005, mais que compte tenu d'une inflation de 1,2%, les salaires réels ont enregistré une baisse de 0,2% en Suisse l'an dernier. Avec des situations extrêmement contrastées selon les branches.

L'Etat français vient de vendre à Bouygues la participation de 21,03% détenue dans Alstom. Quand à l'époque les ministres Francis Mer puis Nicolas Sarkozy sont intervenus à la rescousse de l'entreprise au nom de l'emploi et du patriotisme économique pour sauver un fleuron de la débâcle, les commentaires furent particulièrement acides. Etranglé de dettes, le groupe employant alors 110000 personnes était à quelques heures de la mort. Aujourd'hui, comptablement parlant, les deux ministres ont permis, par leur action, au contribuable de réaliser une plus-value de 1,26 milliard d'euros en deux ans... Inutile d'en rajouter!

Réjouissant pour la Suisse: l'Allemagne devrait connaître cette année sa croissance économique la plus forte depuis 2000, soit un taux de 1,8% selon les estimations des six grands instituts de conjoncture allemande. L'automne dernier, ils ne tablaient encore que sur 1,2%. Merci aux exportations, à la demande intérieure, à la confiance retrouvée, à la prochaine hausse de la TVA et à un possible effet Mondial! Par contre, les économistes craignent que la consommation retombe comme un soufflé après le 1er janvier 2007 (nouveau taux de la TVA). De plus, la demande ne viendra pas de l'Etat qui devra se serrer la ceinture pour assainir ses finances publiques. Avec un déficit de 3,3% l'an dernier et une dette publique équivalente à 68% de son produit intérieur brut, l'Allemagne est complètement hors des règles du pacte de stabilité. Sans compter que l'économie allemande va devoir encaisser la hausse du pétrole et des matières premières. Pour 2007, les six instituts s'attendent à ce que la croissance retombe à 1,2%.

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