Ils se lèvent tous pour défendre Danone. Président de la République (!), ministres, hommes de gauche et de droite, syndicalistes, tous sont montés au créneau pour tenter de dissuader l'américain Pepsi de déposer une offre publique d'achat sur le géant français de l'agroalimentaire. En agissant sur la seule rumeur d'une imminente attaque de Pepsi. Agiter le drapeau tricolore de cette manière a quelque chose d'irréel: quand Pernod Ricard reprend les whiskys Allied Domecq, les mêmes saluent l'audace, la compétitivité, le génie (!) et implicitement approuvent les règles du marché. Mais quand Pepsi veut toucher à Danone, cela devient une spoliation, un scandale, une affaire d'Etat. Sans nul doute, Danone joue un rôle clé pour l'agriculture française, et notamment pour l'industrie laitière. Mais à vouloir, à la manière des Américains dans l'affaire du chinois Cnooc sur le pétrolier Unocal, en appeler sans cesse à l'intervention de l'Etat dans le jeu économique, les édiles français agissent de manière intempestive, irréfléchie et démagogue. Le temps de l'exception française est fini.

Rêvée longtemps, demandée avec insistance, puis diplomatiquement davantage murmurée par les Etats-Unis, la dévaluation du yuan est intervenue. Ô bien modeste puisque la marge de fluctuation de la monnaie chinoise a été élargie de seulement 2,1%. Les marchés ont accueilli la nouvelle positivement même si l'assouplissement est avant tout symbolique. Ces petits pour-cent ne vont ni révolutionner le commerce mondial ni rééquilibrer la balance commerciale américaine. Le fait majeur de ce petit pas est que l'abandon de la fixité avec le dollar ouvre la voie à un processus de réévaluation graduelle du yuan après dix ans d'immobilisme qui ont bien servi l'industrie chinoise.

Selon un rapport du Département américain de la défense, les dépenses militaires chinoises seraient trois fois plus importantes que le chiffre officiel donné par Pékin. La Chine affirme que son budget militaire était de 24,5 milliards de dollars en 2004. Si le chiffre américain est exact, le budget chinois serait le troisième du monde après celui des Etats-Unis et de la Russie. La veille, dans les couloirs des Nations unies à New York, les visiteurs étaient frappés par le tableau qui met en relation les dépenses militaires annuelles des plus grandes puissances et les sommes nécessaires pour tous les programmes des Nations unies pour venir à bout du sida, des mines, de la famine, des épidémies, etc. Avec moins d'un tiers d'année de dépenses militaires, le monde serait allégé de nombre de souffrances.