Lundi dernier, le Japon célébrait la fête des… enfants. Autant dire qu'il y a urgence, vu l'état démographique catastrophique du pays. Le nombre d'enfants décline sans interruption depuis 27 années. Le pays compte désormais moins d'enfants âgés de 14 ans ou moins qu'à aucun moment depuis 1908. La proportion d'enfants dans la population a atteint un plancher historique de 13,5%. A l'inverse, 22% de la population est âgée de 65 ans ou plus, la proportion la plus élevée au monde. Et ce chiffre augmente. En 2020, les personnes âgées seront trois fois plus nombreuses que les enfants, selon les prévisions du rapport gouvernemental. En 2040, elles seront près de quatre fois plus nombreuses. Avec des conséquences démographiques et économiques graves. L'actuelle deuxième économie mondiale perdra 70% de sa main-d'œuvre d'ici à 2050… L'OCDE presse le Japon de réagir: sa croissance économique ne dépassera plus le 0,5% dans les prochaines années, dit-elle, si l'Archipel ne prend pas des mesures pour freiner le déclin de sa population active.

Heureuse surprise pour l'économie française. La croissance a été bonne au 1er trimestre 2008 (+ 0,6%), soit 2,2% en rythme annuel contre 1,9% dans une estimation précédente. L'agence d'analyse Asterès note que le phénomène le plus notable tient au changement de moteur de l'activité. En effet, ces dernières années, l'économie française s'était reposée sur le couple consommation/investissement logement, alors que la contribution des entreprises (investissement/exportations) avait eu tendance à tirer la croissance vers le bas. La configuration est désormais inverse. La consommation des ménages est à l'arrêt en raison de la montée de l'inflation qui a amené les Français à restreindre leurs dépenses. L'investissement logement est stable. En revanche, l'investissement des entreprises a progressé ainsi que les exportations. Malgré l'euro fort.

Cela dit, le gouvernement français n'a pas de quoi pavoiser car ce score de 2,2% est loin des projections annoncées (2,7% à 3%) au lendemain de l'élection présidentielle et il se situe dans le bas du classement des pays de la zone euro (2,6% en moyenne). En Allemagne, la période de janvier à mars a été particulièrement faste, avec une croissance de 1,5% deux fois supérieure au consensus des économistes. C'est même le chiffre le plus élevé depuis 1996.

Quand la parole donnée n'est pas tenue, cela coûte très cher. Airbus a versé 110 millions de dollars à la compagnie aérienne Emirates depuis un an en dédommagement des retards de livraison sur l'A380. Emirates a commandé au total à Airbus 58 exemplaires dont la première livraison a subi près de deux ans de retard. L'ardoise des dédommagements pourrait encore croître car, la semaine dernière, EADS a annoncé officiellement que le superjumbo aura un nouveau retard. Selon Le Figaro, la base de calcul des dédommagements est relativement simple: il suffit de multiplier les mois de retard par 1,5 million de dollars, le tarif mensuel de location d'un Boeing 777 ou d'un Airbus A340-600, et d'y ajouter le surcoût en carburant de ces appareils par rapport à l'A380.