BNP Paribas: des têtes sont réclamées

Dix milliards de dollars (9 milliards de francs) d’amende, un plaider-coupable et une suspension (momentanée?) de sa licence bancaire aux Etats-Unis. De l’avis des médias anglo-saxons, la violation des embargos américains, que ce soit à l’encontre de l’Iran ou du Soudan, risque de coûter très cher à BNP Paribas.

Selon le Wall Street Journal de samedi, la banque française se voit même réclamer par les autorités américaines le licenciement d’une dizaine de ses employés. Reuters, qui s’appuie également sur des sources proches du dossier, assure que des membres de la direction font partie des personnes visées.

Des sanctions à Genève

Ces derniers mois, et comme Le Temps l’a révélé début mai, la banque française a toutefois déjà «sanctionné» une trentaine de ses employés, notamment à Genève où sont basées une grande partie des activités de négoce de BNP Paribas. Des sanctions allant du simple blâme au licenciement.

Cela ne serait toutefois pas suffisant, notamment aux yeux du régulateur bancaire de New York Benjamin Lawsky. Cet ancien procureur, qui a pesé de tout son poids pour que Credit Suisse plaide coupable d’aide à l’évasion fiscale (en plus d’une amende de 2,5 milliards de dollars), insiste pour que la responsabilité personnelle des banquiers soit engagée. Au début du mois dernier, il déclarait ainsi que «si une banque commet une infraction pénale ou de graves violations de la réglementation, c’est que quelqu’un au sein de l’établissement l’a fait.»

De son côté, BNP Paribas n’aurait toutefois pas [encore] accepté ces demandes, assure le Wall Street Journal. Et le quotidien de préciser qu’il «n’est pas sûr que qui que ce soit soit licencié ou qu’un accord soit finalisé».