«Bien diversifié, le groupe français a bien manœuvré durant la crise», estime Rainer Skierka, analyste à la Banque Sarasin. Les pertes liées à la crise des «subprime» sont minimes, 3,6 milliards de dollars, selon Bloomberg. Fidèle à son modèle de banque universelle, BNP Paribas poursuit son expansion en Europe et dans le monde. Le groupe est devenu début octobre la première banque de dépôts de la zone euro, avec la reprise pour 14,5 milliards d'euros de plusieurs activités du groupe Fortis, en Belgique et au Luxembourg, mais aussi en Pologne et en Turquie. Il se développe aussi dans la gestion d'actifs, le courtage d'actions aux Etats-Unis et la gestion de fortune. Ce qui ne signifie pas que BNP échappe aux conséquences de la crise financière. Au deuxième trimestre, les revenus se sont repliés de 8,5% par rapport à la même période en 2007, à 7,5 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net a reculé de 24% à 1,5 milliard. Cependant, au niveau financier, la banque est une des mieux notées au monde par S & P, AA+. En Europe, elle est aussi celle sur laquelle les dérivés servant d'assurance contre une défaillance (CDS) sont le meilleur marché.

L'action est toutefois sous pression, avec une baisse de 25,3% depuis janvier. La principale question concerne la nécessité d'entreprendre une recapitalisation. Suivant un mouvement général sur la planète, Paris veut relever les obligations minimales de dotation en capitaux des banques françaises.