Aux Etats-Unis, en Europe, au Royaume-Uni et à peu près partout ailleurs, les banques centrales déploient des programmes d’une nature et d’une ampleur inédites pour relancer la machine économique grippée par la pandémie de coronavirus. Rien de tout cela en Suisse. Jeudi, lors de sa réunion trimestrielle, la Banque nationale suisse (BNS) n’a rien décidé de nouveau. Ses taux demeurent à -0,75%. Statu quo également du côté des seuils des montants exonérés de taux négatifs pour les banques qui déposent leurs avoirs auprès d’elle. Mais ces derniers avaient été relevés début avril.

C’est donc du côté du vocabulaire qu’il a fallu se pencher. Si la BNS s’est attardée sur le mécanisme permettant de faciliter l’accès aux liquidités pour les banques, c’est surtout sur le thème du franc que la posture a changé. «La BNS reste disposée à intervenir de manière accrue», a souligné Thomas Jordan. Le président de la BNS a également confirmé qu’à partir de la mi-mars, «le franc a subi de fortes pressions à la hausse en raison de la très grande incertitude et de son rôle de valeur refuge». On a également appris que la demande de francs a été «notablement portée par des spéculateurs orientés sur le court terme», a précisé Andréa Maechler, numéro trois de l’institution.