Banque nationale

La BNS dépend des variations des cours du pétrole, en plus de l’or et des devises

Au premier trimestre, l’institut d’émission a dégagé un bénéfice de 5,7 milliards de francs, surtout grâce à l’appréciation du métal jaune. Les actifs investis dans les actions pétrolières américaines avoisinent 1,5 milliard de francs

Retour dans les chiffres noirs pour la Banque nationale suisse au premier trimestre. Entre janvier et mars, l’institut d’émission a dégagé un bénéfice de 5,7 milliards de francs, après une perte de près de 30 milliards subie un an plus tôt à la même période. La plus-value de 4,1 milliards de francs générée par son stock d’or et le gain de 1,2 milliard réalisé sur les positions en monnaies étrangères ont permis à la BNS de revenir en zone bénéficiaire.

Parmi ses actifs investis, des gains de cours de 6,2 milliards de francs ont été réalisés avec les obligations. En revanche, une perte de 0,7 milliard a été enregistrée avec les actions et autres titres de participation. Parmi ses réserves de devises, les actions représentaient à fin mars 20% des placements de la BNS.


40 milliards de dollars en actions américaines

Récemment, des experts se sont interrogés sur l’impact de la chute des cours du pétrole sur la valeur des titres liés à l’énergie inclus dans le portefeuille de la BNS. Sur le site du Temps, Laurent Horvath, spécialiste de l’impact des énergies sur l’économie mondiale, estimait que la banque nationale avait acheté ces dernières années pour plus de 3 milliards de dollars d’actions dans des sociétés actives dans les énergies fossiles. Ces titres ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis la mi-2014, estime-t-il.

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La BNS ne détaille pas les positions qu’elle détient dans son portefeuille. Les données fournies en rythme trimestriel par l’autorité de surveillance américaine de la bourse, la SEC, permettent néanmoins d’effectuer certaines estimations. En tout, les actions américaines détenues par l’institut dépassaient les 40 milliards en fin d’année dernière. Les chiffres à fin mars ne seront publiés qu’en mai, rappelle la BNS. A fin décembre, sa principale position était constituée d’actions d’Apple avec 1,09 milliard de dollars, suivi par Alphabet (Google) pour 797 millions, puis la société pétrolière Exxon Mobil (734 millions), selon des données compilées par Nasdaq.com.

Plus loin dans le classement, on retrouve des actions de Chevron, la deuxième compagnie pétrolière américaine, avec une valeur de près de 350 millions de dollars. S’y ajoutent le spécialiste des services et équipements pétroliers Schlumberger (218 millions) ou encore Suncor Energy (183 millions). Ensemble, les actions de ces quatre sociétés pétrolières représentaient une valeur de près de 1,5 milliard de dollars, soit environ 1,44 milliard de francs actuellement. En revanche, la BNS s’est défaite à fin 2015 de ses participations dans des petites sociétés comme Contango Oil & Gas, spécialiste des sites pétroliers situés dans le Golfe du Mexique.


Une gestion avant tout indicielle

La BNS précise qu’elle n’opère pas une sélection de titres individuels mais que son portefeuille est assemblé sur la base de la «combinaison d’indices élargis», dont les noms ne sont pas précisés. Dans ses principes en matière de politique de placement, l’institut mentionne sur son site certains critères conduisant à l’exclusion de titres. La banque s’abstient par exemple d’acheter des actions d’entreprises «qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale», ou encore des sociétés «qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement». Ce dernier critère ne suffit toutefois pas à exclure les titres des sociétés actives par exemple dans l’exploitation des gaz de schistes ou des centrales à charbon, comme la liste d’actions répertoriées par la SEC permet de le déduire, fait remarquer la BNS.

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