La Banque nationale suisse (BNS) est à l’image de sa façade de la Börsenstrasse à Zurich: imposante, hermétique et parfois symbolique d’une autre époque. Or cette forteresse, qui «peine encore à sortir de la culture du secret, dominante dans les banques centrales jusqu’aux années 1970», selon le professeur Philippe Bacchetta, est devenue l’une des institutions suisses les plus importantes.

En un peu plus d’une décennie, elle a enflé, comptant désormais 930 employés et un bilan qui frôle les 1000 milliards de francs. Banque centrale d’un petit pays, elle régate même face aux géantes que sont la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE). Comme ces dernières, elle est perçue comme l’ultime sauveuse de l’économie.