Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

Changes

La BNS introduit des taux négatifs

La Banque Nationale réagit aux pressions à la hausse du franc et à l’aggravation de la crise russe.Le moment n’est pas lié aux actions de la BCE.Les banques feront face à une hausse du coût de détention des liquidités

La BNS tente de surprendre les marchés

Changes La Banque nationale réagit aux pressions à la hausse du franc

Elle instaure un taux négatif et anticipe les décisions de la Banque centrale européenne

Le détention de liquidités va devenir plus coûteuse

La BNS a surpris tout le monde en introduisant un taux d’intérêt négatif sur le franc suisse, pour répondre aux nouvelles pressions à la hausse de la monnaie. Les économistes s’attendaient plutôt à une décision dans le courant de 2015. Mais il est vrai que l’euro ne décolle plus du taux plancher, malgré des interventions répétées de la Banque nationale, et confirmées jeudi par Thomas Jordan, président du directoire, lors d’une conférence de presse à Zurich.

Le moment de la décision n’est pas un acte tactique lié à l’agenda de la Banque centrale européenne (BCE), ni à l’anticipation d’un assouplissement quantitatif envisagé par Mario Draghi. C’est une réponse à la situation des marchés financiers et aux conditions macroéconomiques, explique Thomas Jordan. L’aggravation de la crise en Russie, l’incertitude qui s’est accrue sur les marchés financiers et un écart de taux d’intérêt entre l’euro et le franc qui incite les investisseurs à acheter du franc obligent les gardiens du franc à prendre des mesures exceptionnelles.

Le patron de la BNS a insisté sur sa ferme intention de «défendre à tout prix le taux plancher» avec l’euro. Thomas Jordan, à plusieurs reprises, a répété la priorité absolue accordée à cet objectif. «Le problème, ce n’est pas le taux plancher, mais les circonstances macroéconomiques et le contexte de marché», a-t-il indiqué.

Le coût de détention des liquidités par les banques sera plus élevé. Concrètement, le taux d’intérêt négatif de –0,25% sera prélevé sur les avoirs en compte de virement des instituts financiers auprès de la BNS. Un montant sera exonéré jusqu’à 10 millions, ou en fonction de la taille des réserves minimales.

La mesure comporte de meilleures chances d’atteindre ses objectifs que dans d’autres systèmes monétaires, par exemple dans la zone euro, selon la BNS. En Suisse, «les banques ne peuvent pas rembourser leurs liquidités et réduire leurs comptes de virement», car elles sont obligées de détenir des comptes à la BNS, argumente Thomas Jordan.

L’histoire se répète. Les pressions à la hausse du franc avaient déjà conduit la BNS à introduire des taux d’intérêt négatifs dans les années 1970. Mais selon Thomas Jordan, «il n’est pas possible de comparer les deux situations». A l’époque, un vaste dispositif avait été mis en place pour réduire l’afflux de capitaux étrangers. En 1972, les banques avaient l’interdiction de verser un intérêt sur les avoirs étrangers, et une commission de 2% par trimestre avait été introduite sur ces fonds jusqu’en 1974. Les mesures avaient échoué, «en partie en raison des différentes stratégies d’évitement», selon Thomas Jordan. La hausse persistante du franc avait amené la BNS à définir un taux de change fixe avec le mark. Aujourd’hui, la BNS dispose déjà d’un objectif de change, le taux plancher avec l’euro, et le blocage des liquidités à la BNS empêche les banques de contourner la mesure.

«Les banques devront répercuter la mesure auprès des grands clients», a indiqué Thomas Jordan. Ce sont donc les capitaux des hedge funds ou d’autres grandes sociétés qui seront le plus affectés par la réaction des banques à la hausse du coût des liquidités, et non pas les petits épargnants ou les PME. A terme, une adaptation des taux bancaires est vraisemblable, même si la BNS n’entend pas influer sur la politique commerciale des banques. Mais les banques ont besoin d’attirer les dépôts des clients, assure la BNS. En cela, la décision de jeudi n’est pas différente de toute autre modification des taux directeurs. Thomas Jordan a ajouté que le petit épargnant conserve un taux d’intérêt réel, dans la mesure où les prix devraient baisser de 0,1% en 2015.

La décision provoquera des effets indirects. Le bénéfice de l’institut d’émission en sera accru, ainsi que l’a confirmé Thomas Jordan. Sur le marché immobilier, la BNS ne prévoit «pas d’impact majeur».

La réaction du marché des changes a été très modérée. L’euro est remonté de 1,20 à près de 1,21, avant de retomber à 1,2050 franc. La BNS s’attend à ce que les taux Libor à trois mois «deviennent négatifs», mais, jeudi, ils sont restés légèrement positifs.

Les chances de succès de l’intervention sont incertaines. «Mais la BNS n’a pas épuisé ses cartouches», a fait valoir Thomas Jordan. Le gardien du franc émet l’idée d’«un futur abaissement du montant de comptes de virement exonéré, un taux d’intérêt encore plus négatif et bien sûr de nouvelles interventions sur le marché des changes».

«La BNS n’a pas épuisé ses cartouches», a fait valoir Thomas Jordan

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)