La Banque nationale suisse (BNS) a décidé jeudi de laisser inchangée sa politique monétaire, en visant toujours un Libor à trois mois proche de zéro. Elle confirme aussi le maintien du cours plancher de 1,20 franc pour un euro, fixé le 6 septembre dernier.

Les décisions de l’institut d’émission étaient largement anticipées, même si certains observateurs s’attendaient à voir un relèvement du cours plancher avec l’euro à 1,25 franc, voire 1,30 franc, pour répondre aux sollicitations de l’industrie d’exportation.

La monnaie unique européenne s’échange depuis quelques semaines à 1,23-1,24 franc, bien loin de la quasi-parité atteinte début août. Et le franc devrait continuer à s’affaiblir sur la durée, a précisé la BNS.

Si les perspectives économiques et les risques de déflation l’exigent, la banque centrale se dit «disposée à prendre en tout temps des mesures supplémentaires». Notamment dans un contexte international toujours empreint de grandes incertitudes. Du reste, la BNS n’exclut pas une aggravation de la crise de la dette dans la zone euro.

En ce qui concerne ses prévisions de croissance, la BNS table toujours sur une progression du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 1,5 et 2% cette année et de l’ordre de 0,5% en 2012. Elle constate que la dynamique de la conjoncture en Suisse a sensiblement fléchi au cours du troisième trimestre 2011.

Relever les fonds propres

Les grandes banques suisses doivent continuer à relever «rapidement» leurs fonds propres pour absorber d’éventuelles pertes, a continué la BNS.

Ces mesures sont nécessaires pour faire face aux «risques élevés qui caractérisent l’environnement international actuel», a indiqué le vice-président de la BNS, Thomas Jordan, lors de la conférence de presse à Berne.

«La crise de la dette affecte en particulier le secteur bancaire européen, les investisseurs craignant de subir des pertes dues à des amortissements et provisions sur les emprunts d’Etat», a-t-il ajouté.

Cette situation produit une «perte de confiance dans le système bancaire», avec pour effet un ralentissement du marché interbancaire et un resserrement des liquidités.

«Tous ces développements ont entraîné une forte augmentation des primes de risques de crédit sur les marchés financiers», a précisé Thomas Jordan.

Les deux grandes banques suisses, UBS et Credit Suisse, doivent se conformer à des normes en matière de fonds propres plus sévères que celles décidées dans le cadre des règles internationales de Bâle III.

Mais, selon Thomas Jordan, «des efforts supplémentaires sont nécessaires, car les grandes banques disposent toujours de relativement peu de fonds propres capables d’absorber des pertes».

Pour relever leurs fonds propres, les établissements peuvent mettre leurs bénéfices en réserve, éliminer les risques de leur bilan et émettre des obligations convertibles.